La Fête des Mères, c’est le bouquet?

Il y a un an déjà, je faisais la rencontre d’un homme qui m’a beaucoup appris sur ma vie.

Nous nous sommes fréquentés, peu à peu: randonnées, soupers.

J’ai partagé avec lui ma souffrance de ne pas être mère, mes difficultés à rencontrer des hommes par crainte d’être rejetée à cause de mon infertilité et la naissance de mon blogue.

Puis, il posa un geste que je n’oublierai jamais.

Un soir, où nous nous étions donné rendez-vous pour discuter, il m’a tendu un pot garni de jonquilles en prononçant, tout simplement, ces mots que je ne croyais jamais entendre de ma vie : bonne Fête des Mères!

Pour la première fois, le potentiel de mère en moi était reconnu. Malgré mon impossibilité de procréer, cet homme reconnaissait que j’étais pro-active à créer MA vie par mes
relations amicales, familiales et professionnelles.  C’était aussi, selon moi, sa manière de me montrer que je donnais naissance, d’une autre façon. Mon blogue participerait à faire enfin apparaître des femmes un peu comme moi, sans enfant, trop souvent isolées, méconnues, jugées. Non, je ne donnerais jamais naissance à un enfant mais il me considérait comme une mère, à ma façon.

Puis, les choses s’enchaînèrent rapidement. En quelques semaines, c’était le début fulgurant d’une belle histoire: les voyages et les escapades romantiques se multiplièrent.  Enfin, après deux mois de fréquentations, j’ai même eu le bonheur de faire la rencontre de sa fille.

Puis, du jour au lendemain, plus de nouvelles. Pas un coup de fil, pas un courriel.

En me rendant chez lui pour tenter d’obtenir une explication,  je l’ai surpris au volant de son véhicule en compagnie d’une autre femme.

Quelques jours plus tard, malgré l’humiliation et la peine, j’ai trouvé le courage d’aller déposer le pot de jonquilles fanées sur les marches, menant à la porte de sa maison.

Aujourd’hui, malgré l’absence d’explication, presqu’un an plus tard,  j’ai choisi de laisser tomber la colère, le ressentiment et l’incompréhension. Je crois être prête à m’ouvrir, à aimer de nouveau.

Je trouve enfin la force d’offrir à mon tour, ce bouquet de compassion et d’amour qu’il m’a donné, ce jour- là. Je pense, en cette Fête des Mères, à toutes ces femmes qui rêvaient d’être mère pour toutes sortes de raisons, et qui ne le seront pas.

Et cette année, bien qu’étant célibataire et sans enfant,  j’ai la ferme intention de célébrer la Fêtes des Mères en m’offrant des fleurs: un geste tout simple de compassion envers moi-même.

Toutefois, ce ne sera pas un bouquet de jonquilles, je vous le promets!!!

 

 En complément à ce billet, découvrez dans l’article suivant les composantes de la compassion envers soi-même, selon les travaux de Kristin Neff :

Vous pouvez également vous procurer le dernier livre de Kristin Neff , “S’aimer” .