Le don de moelle osseuse: une cause qui tient à coeur à une #FSE française!

Marie-Pierre est une femme française de 46,  célibataire et sans enfant par circonstances de la vie. Elle souhaite, par son témoignage diffusé gratieusement sur mon blogue, sensibiliser la population  à l’importance du don de cheveux, de sang et de moelle osseuse. Marie-Pierre nous raconte, dans ce touchant récit, les raisons de son engagement altruiste. Égoïstes, le gens sans enfant? À vous de juger!

“…J’avais 20 ans quand j’ai fait mon premier don de sang, dans le hall de ma faculté. Je n’y avais jamais vraiment réfléchi mais ça m’a paru naturel de le faire. Par la suite, je suis passée au don de plasma puis de plaquettes. Accomplir ces gestes simples qui permettent aux médecins de sauver des vies m’ont toujours procuré une vraie joie.
Un jour, alors que je me baladais dans Paris où je vivais depuis peu, je suis tombée sur un stand de FRANCE ADOT, l’association pour le don d’organes et de tissus humains. Je me suis arrêtée parce que donner mes organes à mon décès me paraissait aussi évident que de donner du sang de mon vivant. On m’a donc remis ma petite carte de donneur. On m’a aussi remis de la documentation sur le don de moelle osseuse en me disant de réfléchir. Je l’ai lue deux fois et le lendemain, j’ai posté le formulaire d’inscription.

Trois mois plus tard, j’ai été contactée par l’hôpital pour une prise de sang et un entretien avec un médecin. Comme tout était OK, j’ai été officiellement inscrite dans le registre des volontaires pour le don de moelle osseuse. C’était en 1996. Fin 1997, l’hôpital m’a appelée parce que mon groupe tissulaire semblait proche de celui d’un malade en attente de greffe de moelle osseuse. La prise de sang n’a pas confirmé la compatibilité mais elle a permis d’afiner la connaissance de mon groupe tissulaire. Il faut savoir que la compatibilité, qui est essentielle à la réussite d’une greffe, existe surtout au sein des fratries. Pourtant, 75% des malades n’ont pas de donneur familial. Ceux-ci ne peuvent compter que sur les volontaires inscrits dans le registre or, la compatibilité entre deux personnes non-apparentées est de 1 pour 1 million… Peu de volontaires ont l’occasion de donner mais chaque inscription est un espoir pour les malades d’aujourd’hui et de demain. “De demain” car on reste en principe inscrit jusqu’à l’âge de 60 ans même si l’on a, à tout moment, la possibilité de sortir du registre.

Dans les années qui ont suivi la prise de sang complémentaire, silence radio, je n’étais compatible avec aucun patient. J’ai néanmoins pensé à informer l’hôpital de tous mes changements d’adresse et de téléphone car il faut être joignable. J’ai bien sûr, aussi, continué à donner plasma et plaquettes.

En août 2008, deuxième suspicion de compatibilité qu’une nouvelle prise de sang vient… confirmer ! Mon Dieu, quelle émotion ! Fin septembre, le médecin fixe avec moi la date du prélèvement au 30 octobre. Auparavant, je dois rencontrer ce médecin et l’anesthésiste, passer quelques examens et signer le consentement devant un magistrat. Je suis sur un petit nuage et tout se passe bien. Le soir du 29 octobre, je rentre à l’hôpital ; le 30, je passe la matinée au bloc opératoire et l’après-midi dans ma chambre ; le lendemain à midi, je rentre chez moi ; ma moelle osseuse a peut-être déjà été transfusée au patient.
Pendant 2 jours, j’ai mis ma vie entre parenthèses mais j’ai le coeur en joie car j’ai fait mon devoir d’être humain : j’ai donné aux médecins la matière première dont ils avaient besoin pour tenter de sauver une vie.

La ponction de moelle osseuse dans les os du bassin est aujourd’hui peu pratiquée en France. Dans 75 % des cas, seules les cellules de la moelle osseuse sont nécessaires. Pendant les 4 jours qui précèdent le prélèvement, le donneur reçoit un facteur de croissance qui provoque la multiplication des cellules hématopoïétiques et leur migration dans le sang circulant. Elles peuvent ensuite être prélevées par aphérèse en 4 ou 5 heures et le donneur rentre chez lui le jour-même.
En tout cas, les deux méthodes permettent de sauver des vies. Les donneurs sont indispensables mais à aucun moment ils ne mettent leurs vies en danger.
Les Français qui souhaitent se porter volontaires pour le don de moelle osseuse peuvent se rendre sur le site  www.france-adot.org.

Les québécois peuvent aussi consulter le site d’Hema-Québec et Transplant-Québec pour faire un don.

Ces sites donnent aussi toutes les informations relatives au don d’organes et je vous invite fortement à parler du don d’organes avec vos proches afin qu’au sujet du prélèvement post mortem, la volonté de chacun soit connue de tous et que le maximum de vies soient sauvées.

Je termine en rappelant qu’en France, le don de cheveux existe lui aussi : www.association-solidhair.fr

Au Québec, le don de cheveux peut se faire par l’entremise de la Société Canadienne du Cancer

Etre solidaire, c’est important et souvent, ça ne coûte rien !

 

Merci Marie-Pierre pour ce témoignage inspirant et bonne route. 

Catherine-Emmanuelle