Le don d’ovule: le dernier recours pour une femme québécoise

Marie-Hélène Brody est une québécoise de 41. Elle est aussi orthophoniste et  travaille auprès d’ une clientèle d’âge préscolaire. Membre active de femmesansenfant.com, Marie-Hélène a choisi de côtoyer des femmes sans enfant pour l’aider mieux vivre sa réalité qu’elle espère encore, temporaire.  Ayant rencontré l’homme de sa vie il y a 9 ans, maintenant mariée depuis 6 ans, elle caresse encore le rêve de devenir mère. Son seul recours à présent afin d’avoir un enfant issu de son couple: le don d’ovule. 

Je vous invite à découvrir ici, son histoire…

1-Marie-Hélène, pouvez-vous résumer votre parcours d’infertilité?

J’ai rencontré mon futur mari j’avais 32 ans. Nous avons essayé de procréer de manière naturelle  pendant 2 ans, sans succès. Devant ce constat d’échec, nous sommes allés en clinique de fertilité pour des évaluations. Nous étions tous les deux dans les normes au niveau de notre fertilité. On nous parlait d’infertilité inexpliquée. Notre médecin nous a suggéré l’IVF, mais ces méthodes avec hormones et interventions médicales étaient difficiles à accepter. Pour moi, c’était important de faire un enfant par nous-même. À l’âge de 37 ans, ma réserve ovarienne a chuté dramatiquement. Une réserve ovarienne si basse était aussi équivalente à une mauvaise qualité d’ovules. À ce moment, j’aurais aimé que mon médecin spécialiste m’éduque quant à l’importance de ne pas laisser trop de temps passer avant de commencer les traitements, pour la femme. Un an en fertilité peut tout changer… Il ne m’a jamais rien dit sur cette réalité. J’ai fini par accepter l’aide médicale, nous avons passé à travers des inséminations, des cycles d’In Vitro naturels et un cycle d’In Vitro stimulé (niveaux d’hormones maximales)… je suis tombée enceinte en tout 8 fois dans ma vie et aucune de ces grossesses ne m’a donné de bébé dans mes bras… Les hauts et les bas de tout ce processus sont très difficiles pour la femme comme pour le couple…  Quand le test de grossesse s’avère positif,  nous sommes sur un nuage, nous l’annonçons à nos proches. Mais quand la fausse couche arrive, nous devons expliquer ce qui est arrivé et trouver l’énergie de garder le sourire au travail… Mon coeur a été déchiré en mille morceaux à chaque fois. Le plus difficile est de trouver le courage de tout recommencer…

2-Quelles sont les dernières options pour vous aider à réaliser le rêve d’avoir un enfant ? Qu’est-ce que ces options impliquent ?

Notre dernière IVF stimulée était au mois de mai 2015. Ce fût un échec. Les médecins nous ont clairement dit que notre seule chance d’avoir un enfant était avec un don d’ovules. Toutefois,  l’achat d’ovules par l’entremise d’ une clinique de fertilité coûte 20 000$, sans compter les frais des traitements et les médicaments et ce, uniquement pour 5 ovules .

Quand on sait que sur un lot de 5 ovules, il est très fréquent que 1 à 2 embryons soient formés, il est très probable que ce 20 000$  investi couvre les frais d’un cycle seulement.

Il est toutefois indéniable que même en bénéficiant du don d’une donneuse d’ovules, nous devrons aussi payer des frais. Toutefois ces coûts seront moindre .Aussi, il n’est pas rare de voir que le nombre d’ovules prélevés soit supérieur à 5, ce qui signifie que nous pourrions profiter de plus d’un cycle, si le processus ne fonctionne pas la première fois. Cela implique donc moins de pression sur mon corps.

Nous sommes donc à la recherche actuellement d’une donneuse en bas de 35 ans, en santé et non fumeuse. Elles sont très rares ces anges de la vie…

J’espère qu’en 2016, nous trouverons cet ange pour réaliser ce rêve qui nous est si cher.

3-Qu’est-ce qui vous manque le plus : de porter et de donner naissance à un enfant,
 d’être mère ou d’avoir une famille “traditionnelle”?

Tout ça me manque… Porter mon enfant, lui donner naissance, l’aimer, l’élever, apprendre à le voir grandir et devenir sa propre personne. Mais je dois dire que ce qui m’attriste beaucoup, c’est de ne pas voir mon mari devenir père. Ma mère m’avait enseigné que lorsque nous choisissons notre partenaire de vie, nous devons aussi choisir un bon père pour nos enfants. Ça m’a pris du temps, j’ai fini par le trouver, mais notre nid reste vide… Quand je le vois avec ses neveux qui l’adorent, quand on me dit qu’il serait un bon père, mon coeur se brise…

4-Quelles valeurs désirez-vous transmettre à votre futur enfant ?

Il y en a tellement… Mais je crois que les plus importantes seraient le respect de soi-même et des autres. J’aimerais lui montrer qu’il trouvera en tout temps l’ amour inconditionnel de ses parents et lui enseigner que le véritable amour libère…

5- Vous êtes membre de femmesansenfant.com et participez fréquemment aux activités ?

Oui, je suis membre de FSE depuis un an maintenant.

Qu’est-ce que cela m’ apporte ? Énormément!

J’ai fait un cheminement intérieur important cette année. J’ai rencontré des femmes belles, intelligentes, fortes, généreuses, empathiques, autonomes. Je les considère comme ma tribu, un groupe de femmes qui va me comprendre, sans jugement. Elles m’ont montré que oui, c’est possible d’avoir une vie sans enfant, car avant je n’arrivais même pas à considérer cette possibilité tellement elle m’était douloureuse. Je suis fière de dire qu’après 8 longues années, j’ai enfin (!) pu faire un début de lâcher prise depuis quelques mois.Même si tout n’est pas réglé, que j’ai encore de la peine et que mon cheminement pour devenir mère n’est pas encore terminé, je n’ai jamais été aussi heureuse.

Je ne peux pas contrôler mon avenir, je peux seulement décider de mon présent. J’apprends à apprécier les petits bonheurs de la vie: une tasse de thé réconfortante, la présence de mes proches, la nature qui nous entoure. J’ai appris cette année que c’est ça la vie: une suite de petits bonheurs!

6- Quelle femme vous inspire, est votre modèle. À qui vous identifiez-vous en
tant que femme sans enfant pour l’instant?

Je dois dire que plusieurs femmes m’inspirent. Mes clientes, qui sont des mères, m’inspirent énormément. Je les admire de venir consulter une orthophoniste parce que leur enfant a un problème de développement. Ce n’est pas facile, surtout quand on considère que nombre de gens les jugent. Je m’identifie à elles sur ce point car les femmes sans enfant sont aussi jugées par leur entourage. Ces mères suivent leur instinct de parent pour le bien être de leur enfant et je trouve cela honorable. Aussi, avant de découvrir FSE, les femmes sans enfant de mon entourage l’étaient toutes par choix. J’admirais ces femmes, mais je ne connaissais personne qui vivait l’infertilité, comme moi. Je me sentais extrêmement isolée, personne ne me comprenait vraiment. Les femmes qui ont vécu l’infertilité sont selon moi des guerrières. Elles ont connu des moments tellement sombres qu’elles ne savaient pas si elles allaient s’en sortir. Elles ont fini par trouver la lumière, se redéfinir (pas facile!) et s’épanouir. Ces femmes me touchent beaucoup, m’inspirent et m’impressionnent…

Si l’histoire de Marie-Hélène vous a touché,  que vous désirez faire une différence en 2016 dans la vie d’une autre femme par l’entremise d’un don d’ovule, contactez Marie-Hélène à l’adresse suivante:

mhbrody@hotmail.com