Femme sans enfant à « Une pilule, une petite granule »

Voici le texte intégral diffusé sur le site de Télé-Québec dans la section de « Une pilule, une petite granule ».

Pour voir le reportage diffusé le 20 novembre 2014, cliquez ici.

La vie est malheureusement faite de petits et de grands deuils… Celui de devoir accepter qu’on ne pourra pas avoir d’enfants fait partie pour certaines personnes des deuils difficiles à faire. Nous avons cette semaine rencontré Catherine-Emmanuelle Delisle qui a trouvé une manière constructive de traverser cette épreuve. 

Catherine-Emmanuelle Delisle a su très tôt qu’elle ne pourrait avoir d’enfants. À l’âge de 14 ans, elle a appris qu’elle était en ménopause précoce, elle n’avait même pas eu encore sa puberté.

Pour Catherine-Emmanuelle et sa mère, c’est évidemment le choc. Mais ce n’est qu’une vingtaine d’années plus tard que Catherine-Emmanuelle a pleinement réalisé ce que cela signifierait pour elle de ne pas avoir d’enfants. Alors qu’elle voyait ses amies fonder des familles, Catherine-Emmanuelle a commencé à se sentir plus isolée. « C’est devenu urgent d’accepter cette situation et de tourner ma vie vers une autre possibilité ».

 » J’ai longtemps cherché à me conformer au modèle, raconte-t-elle, jusqu’à temps que j’assume que non, je n’aurais pas d’enfants et que j’étais responsable de créer ma vie à mon image d’une manière différente. » 

À cette étape de sa vie, Catherine-Emmanuelle ressentait un profond besoin de communiquer avec d’autres femmes qui vivaient un deuil semblable au sien. Poussée par ce désir, elle a décidé de créer un blogue: Femmesansenfant.com

C’est en constatant qu’il existait peu d’informations en français sur les femmes sans enfant que Catherine-Emmanuelle Delisle a eu l’idée de fonder ce blogue. C’est pour elle une façon de rejoindre d’autres femmes comme elle, de leur donner une voix et de leur partager les connaissances et les expériences qu’elle collecte dans ses recherches.

 » Je suis comblée quand je vois que des articles que je mets sur Facebook sont vus par 2000 femmes , témoigne-t-elle. C’est certain que ça me remplit de bonheur, car je me dis que le message commence non seulement à passer, mais aussi à être diffusé ».

Déconstruire les clichés

Catherine-Emmanuelle voit dans ce blogue une manière de déboulonner les clichés sur les femmes sans enfant. Un exemple de ces clichés: que les femmes sans enfant doivent absolument être entourées d’enfants pour être heureuses.

« On dirait que les femmes sans enfant, on se sent obligées de  justifier qu’on est tout de même maternelles , soutient-elle.  On n’a pas d’enfant, mais on est un professeur d’art dramatique ou de francisation,  alors  on a quand même des enfants dans notre vie. On n’a pas d’enfant mais on a quand même des nièces et des neveux, alors on a quand même des enfants dont on s’occupe.

 Oui je le trouve mon bonheur en dehors de la maternité,  conclut-elle.  C’est un travail de tous les jours, par contre, mais oui, c’est possible. Et moi, je le trouve beaucoup avec les femmes avec qui je communique et à qui j’écris.

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5 Comments

  1. Stephanie 2014/12/09 at 5:55

    Bonjour,
    Je voudrais vous dire que j’aime beaucoup votre blog.
    À l’âge de 33 ans’, je vis en couple depuis 8 ans et mon conjoint a un adolescent de 12 ans, avec qui nous ne vivons pas. Pendant un temps j’ai voulu me conformer au modele de base et plutôt reducteur de la societe, et jai arrete de prendre la pilule, davantage pour faire plaisir à mon entourage que par réelle conviction.
    Lorsque jai enfin décidé que non, je ne vivrais pas pour faire plaisir aux autres, j’ai repris la pilule et je me sentie bien mieux dans ma tête.
    Je ne ressens pas le désir detre mère. Lorsque j’avais arrete de prendre la pilule, je vivais dans l’angoisse de tomber enceinte car au fond je ne le désirais pas. Aujourd’hui je suis heureuse comme je suis. Je vis comme je l’entend et mon compagnon semble d’accord avec ca. Pour beaucoup, cela peut paraître etrange, mais jaime etre tranquille en rentrant du boulot, jaime me lever quand je veux le weekend, jaime mes longues promenades avec mon chien.
    Je ne suis pas prete a vivre autrement et je sais que jamais je ne voudrais sacrifier ma tranquillité.
    Merci pour ce blog, on se sent moins bizarre et surtout moins seules!!!

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  2. Val 2015/01/19 at 1:02

    Tout d’abord merci pour ce blogue qui m’apporte un peu de support. Bien que j’ai lu plusieurs articles et leur témoignage, regardé plusieurs entrevues et navigué sur toutes les sections de ce blogue, bien je continue à me sentir seule au monde à travers cette épreuve.

    Avant de vous raconter ma petite histoire, je tiens à préciser que je ne suis pas une grande écrivaine douée avec la syntaxe et les mots.

    Mais, ce témoignage fait partie d’une sorte de thérapie personnelle du genre: faut que ça sorte, on a pas le droit de s’en prendre aux autres malgré que j’aurais besoin d’un  » punching bag », ça ne me tente pas d’aller voir une psychologue et de lui raconter ma vie, la méditation me stresse et je n’ai pas envie d’un maître yoga pour trouver la force en moi.

    Voici ma petite histoire bien banale et vécue par des milliers de femmes.
    Je me présente: je suis Valok (c’est mon nom d’artiste bien que je n’en suis pas vraiment une). J’ai 40 ans. À l’âge de 37 ans, je me suis réveillée; je voulais des enfants. Comme bien des filles, je croyais que j’avais toute la vie devant moi. En fait, je ne m’étais jamais arrêtée sur la question. J’ai fait un retour aux études à 33 ans et j’ai débuté ma nouvelle carrière en protection des forêts à l’âge de 35 ans. J’oubliais un détail, je suis avec mon merveilleux chéri depuis l’âge de 30 ans.
    Le temps passe vite… Je continue. Nouvelle carrière, une maison en construction en plein coeur de la forêt… Au fond de moi, je crois que j’attendais ce moment là de ma vie pour enfin avoir des enfants. Bon, j’ai ma job, ma maison au style scandinave, néo industrielle chalet chic dans la nature, mon merveilleux chéri, des chats, des poules et un jardin biologique.

    Ça y est, je peux enfin faire retirer mon stérilet et vlam, je tombe enceinte un mois après. Après huit semaines de grossesse, le ciel me tombe sur la tête, je fais une fausse couche suivi d’un syndrome d’Asherman (le syndrome d’Asherman est une maladie utérine acquise, caractérisée par la formation d’adhérences (tissu de cicatrisation) dans l’utérus) dont il a fallu six mois à diagnostiquer. On me répare, me gave d’hormones, mes règles reviennent et vlam, je tombe pour une deuxième fois enceinte après deux mois d’essais. Wow! C’est l’euphorie, je planne, je suis sur un high tellement puissant dont je suis vite retombée; j’ai fait une deuxième fausse couche. Un copier coller de la première fois avec encore un Asherman. J’ai reçu plusieurs traitements hormonaux avant que le médecin se décide à m’envoyer subir une hystéroscopie qui, pour une deuxième fois m’a réparée.

    Le temps s’est écoulé puisque j’ai maintenant 40 ans. Ce matin à 3:30, j’ai fait mon x ième tests de grossesse ayant comme résultat un maudit négatif. Ç’est pour cette raison que je me suis précipitée sur mon Ipad pour y découvrir ce blogue m’apportant un peu de réconfort.

    On fait quoi lorsqu’on a pas envie de voyager, de tourner notre énergie vers les autres, de faire du bénévolat, du sport ou du yoga? On fait quoi quand on a pas envie de se donner corps et âme à notre job, aux bambins des autres et aux vieux de la région?

    Je suis casanière, j’ai des amis, amies et le plus merveilleux chéri. Mais j’ai tellement d’amour à donner que mes trois chats réclament leur indépendance et mes poules me prennent pour la dominante leader tellement je suis mère poule Crazy Chickens Lady.

    Je veux des enfants mais je n’ai aucunement la force physique et morale d’aller en FIV. Je suis présentement suivie en fertilité et, juste le fait de devoir me rendre une fois par mois passer un échographie folliculaire me jette à terre. De plus, à force de regarder les entrevues sur ce blogue, ça ne fait que confirmer que je ne suis pas prête à prendre ce chemin (merci à toutes celles qui ont accepté de donner une entrevue).

    Merveilleux chéri et moi avons passé tous les tests. Les résultats sont parfaits. Merveilleux chéri a les zozos dans le tapis et moi, ma réserve ovarienne est plus haute que la plupart des femmes.

    J’ai manqué le bateau, c’est donc ça. À moins que je poursuive les démarches en puisant dans une force Jedi de super héro emmenez-en des injections j’aime les piqûres et les sautes d’humeurs.

    Je peux aussi commencer le deuil d’être une femme sans enfant.

    Voilà!

    Ça va un peu mieux. Je vais aller câliner mes chats, étouffer merveilleux chéri avec mon trop plein d’amour et aller donner des petits fruits et du kale bio à mes poules.

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    1. Catherine-Emmanuelle Delisle 2016/02/09 at 11:05

      Bonjour Hélène,

      La première chose à faire quand on sait qu’on aura pas d’enfant, c’est le deuil de ce rêve et de tout ce qui y était relié. Quand ce deuil est bien amorcé, on trouve la force de décider ce qu’on fera du reste de notre vie, sans enfant. Il faut être prête à plonger en soi et à accepter que ce voyage comportera bien des hauts et des bas. Il faut surtout se donner du temps. Je parle par expérience!

      Catherine-Emmanuelle xo

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  3. Julie 2015/01/19 at 3:46

    Très bon reportage! Continuez votre excellent travail!

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  4. sarah 2015/12/27 at 10:27

    Bonjour,

    Je viens de lire ton message Val et j’ai eu l’envie de te répondre, de savoir ou tu en étais dans ton désir d’enfant.

    Je pense que rien n’est parfait et tu vois moi j’ai exaucé mon désir d’enfant (ça a été un long chemin) mais je n’ai jamais eu de « merveilleux chéri » et de merveilleux chalet dans les bois..
    Je pense que la vie n’est pas linéaire, on a chacun nos « valises » nos casseroles, nos souffrances.

    Et on ne peut pas toujours avoir le beurre l’argent du beurre etla laitière dit-on.

    Je crois aussi qu’il y a beaucoup de fantasme sur le fait d’être mère. Beaucoup de femmes veulent correspondre à un schémas, avoir un statut, un peu comme pour le mariage ou la maison idéale.

    Mais nous sommes chacune ici sur cette terre pour une mission spéciale, je le pense vraiment, ça n’est pas confortable certe, ça peut être douloureux on peut aussi avoir envie de refuser tout ça et pourtant c’est ce qui nous fait avancer, sortir de nos lignes de confort.

    Je constate que ta vie est confortable, peut-être trop ? et que peut-être tu as des choses à faire que tu ne ferais pas ave cun enfant par exemple, estce que ça te parle ?

    Pour ma part j’ai vécu pas mal d’épreuves et me suis rendue compte que ce qui tuait tout, la créativité par exemple, c’était le confort.

    En gros toute épreuve est là pour quelquechose, et si on ne la comprend pas on nous la ressert !!

    Et si merveilleux chéri ne l’était pas tant que ça par exemple ? Si merveilleux chéri était aussi un espèce d’idéal de vie fantasmée, ce sont des pistes mais je ne sais pas si le bonheur replié l’un sur l’autre dans la forêt est forcément la panacée, c’est le bonheur carte postale, après, la vie nous sert bien d’autres réalités !!

    Et puis travailler sur sa relation à la mère ça me parait le Baba quand on veut un enfant. Tu parles de tes animaux mais ça n’a rien à voir d’avoir un enfant. Tu sembles avoir besoin de contrôler les choses, les gens, je me dis qu’avoir un enfant c’est justement lâcher prise, sinon ça fait des mères castratrices qui ne se réalisent que dans le rôle de mère…

    Enfin, autant j’ai trouvé la grossesse et le pouponnage merveilleux autant je trouve qu’éduquer un enfant est difficile, parfois usant, bref, tout n’est pas non plus rose, on s’inquiète tout le temps.

    Ca pourrait à mon avis casser ton confort avec ton merveilleux chéri dans ta merveilleuse maison, car un enfant n’est pas toujours merveilleux, il est autre ! et n’est pas toujours là pour te valoriser aussi, il tapprend la vie, certe mais pas comme tu le souhaiterais forcément !

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