Halte aux préjugés!

Bonjour Catherine-Emmanuelle,

Pour ma part, j’aimerais que les gens sachent  dans le but de cesser de perpétuer des préjugés, que toutes les femmes ne ressentent pas le tic tac de l’horloge biologique, un désir de se projeter dans le rôle de mère, en y voyant un épanouissement.

Je ne vois pas cela comme une fin en soi. Il faut arrêter de généraliser et d’associer féminité et maternité car nous faisons chacune notre propre cheminement. Parfois, ce parcours est sinueux selon notre vécu et nos valeurs. Rien n’est totalement simple entre le désir de procréer, l’absence de désir de se reproduire et l’infertilité médicale ou sociale: cette question demeure complexe…

Chacune sa route, chacune son chemin. Nous devons essayer de comprendre au lieu de juger, pour que toutes aient une place dans la société.

Il y a d’autres façons de nous réaliser dans la vie, heureusement! Au lieu de procréer, nous pouvons créer notre vie par nos choix. Il suffit d’être féconde de manière créative.

La différence fait peur aux gens qui font leurs choix dans le conformisme établi par la société ou la religion.

Il faut oser  SE choisir dans cette société où la maternité, qui est à mon avis idéalisée, est associée à la réussite sociale. La pression reste forte de céder et le plus ardu est d’assumer ses choix, avec tout ce que cela implique et provoque.

Josianne Claude

(Visited 6 times, 1 visits today)

19 Comments

  1. Blom Caroline 2014/08/04 at 7:58

    Je ne veux pas faire d’enfant, et alors ?

    Episode 1 : l’Extra-Terrestre

    Je n’ai jamais eu envie de faire un enfant. Mais VRAIMENT jamais.

    Cela ne m’a pas posé de problème, je suis en accord avec moi-même depuis de longues années et cette idée n’a jamais changée d’un iota.

    Pas envie, pas de ventre qui me démange, pas de doute.

    En revanche, le plus long à été d’atteindre mes 40 ans pour souffler enfin et ôter le doute que les autres avaient, eux, envers moi, pendant toutes ces années…

    Car il m’a bien fallu plus de 20 ans à supporter les sempiternelles questions des personnes « bien intentionnées » de mon entourage

    A 20 ans, c’est : « alors, c’est quand que vous nous faites un petit ? » dit la personne avec un sourire entendu.
    Comme si on le faisait pour les autres !…Moi qui croyais que c’était plutôt une démarche égoïste.
    Toi, à 20 ans, tu réponds, ingénue : « j’ai encore le temps ».

    A 30 ans, c’est : « alors, pas encore de bébé? Il va être temps ! » dit la personne en désignant sa montre.
    Comme si mon horloge interne allait imploser en cas de non fécondation !
    Toi, à 30 ans, tu réponds, grimaçante : « je n’ai pas encore trouvé le papa ».

    Juste avant 40 ans, c’est plutôt : « réfléchis bien. Il est encore temps. Tu vas le regretter. T’as peur de l’accouchement, c’est ça ? Tu verras, c’est tellement bien…et… Pourquoi ? Pourquoi ? POURQUOI ? »
    Toi, à presque 40 ans, tu réponds, philosophe : « vous ne croyez pas que j’ai eu 20 ans pour y penser (et surtout pour le faire) ? »

    Il y a comme des reproches, une incompréhension quasi totale à cette forme de façon de vivre.
    Même une gynéco a voulu me culpabiliser ! Elle m’a conseillée de «consulter», «que je n’avais pas réglé certaines choses» (elle a vu tout ça en faisant un frottis?). C’est bien la seule personne que je m’attendais à trouver compréhensive pourtant! J’aurais bien aimé lui coller ma main sur la figure ! C’est vous dire dans quel état de stress devient une mère en puissance !
    Une véritable inquisition, qui tournerait au drame pour la personne un peu fragile : dépression et psy à la clef….
    En parlant de ça, on dirait que chaque personne a envie de te psychanalyser, parce que…, tu comprends…, c’est pas naturel !
    Ce que MOI je ne trouve pas naturel, ce sont les femmes qui font un enfant pour « sauver leur couple »… No comment !
    Dois-je faire comme tout le monde, sous prétexte que je PEUX le faire ?
    Suis-je normale ?
    Ben non, et je n’ai surtout pas l’intention de le devenir en faisant un enfant que je ne désire pas.
    Manquerait plus que ça : me rendre malheureuse pour faire plaisir aux autres…. Mais c’est peut-être ça qu’ils veulent ?
    Me rendre plus mouton que le mouton.
    Ca y est, je deviens parano : c’est certainement parce qu’à l’école on m’a dit où m’asseoir, quel crayon utiliser, qui ne pas fréquenter au lycée, quel bureau occuper au boulot, où garer ma voiture dans le parking, ne pas fumer, mettre des collants et des escarpins ou cet uniforme ridicule avec ton nom dessus, faire la queue, payer tout de suite sinon huissier, payer les agios, attendre son colis, son train, sa paye…

    Désolée, je suis non pratiquante d’enfant ! Mais je vais bien, merci !
    Ah, au fait, j’aime les hommes quand même!
    … et je ne mange pas de petits enfants sauce gribiche au petit déj’ !

    J’aime bien aussi cette phrase (dite par un homme… très délicat) :
    « Tu n’es pas une femme accomplie si tu n’es pas mère un jour ».
    Qu’est-ce qu’il en sait ???
    Et si je ne suis pas une femme, je suis quoi ? Un dogue allemand ?

    On m’a dit : « tu es très patiente, tu ferais une bonne maman ».
    On peut être très doué au piano, sans pour autant vouloir en faire son métier…

    Alors je suis restée stoïque pendant de longues années…et surtout résistante!
    Quelquefois amusée qu’on me prenne pour une extra-terrestre, un peu fière d’être différente, mais surtout agacée par les questionnements!!!

    Episode 2 : En soirée

    Quand vous allez dans une soirée et que vous allez rencontrer de nouvelles personnes, vous êtes censé vous détendre et décompresser.
    Moi, pas du tout!!! Parce que le sujet des enfants va finir par arriver…
    Et grâce à la vision sectaire et quasi désuète de mes pairs, je me sens comme le chômeur qui attend LA fameuse question : « et toi tu fais quoi dans la vie ? ».

    Ah, en aparté, j’ai aussi été au chômage pendant un long moment : autant vous dire que je ne sortais plus!

    Le plus pénible : se justifier encore et encore !
    Preuve que ce n’est pas encore entré dans les mœurs…
    Etre homosexuel, divorcé ou mère célibataire, ah oui c’est bien intégré dans la société, mais ne pas vouloir d’enfant ! Mon dieu, c’est une hérésie ! Je devrais être brûlée au pilori, montrée du doigt ou bannie de la société (entre parenthèses, tout ce qu’on infligeait aux homos, divorcés ou mères seules, à une époque).

    -« Pourquoi tu ne veux pas d’enfant ? »

    Comme dit Georges Clooney « les enfants c’est trop de responsabilité ».
    J’en ai cherché des pirouettes, des réponses toutes faites, la plus parfaite possible, qui clouerait le bec à l’inquisiteur.
    Mais je reste toujours éberluée, comme 2 ronds de flan, étonnée qu’on en soit encore étonné. Et il faut voir tous ces visages tournés vers toi qui attendent de voir comment tu vas t’en sortir. « Qu’est-ce qu’elle peut bien répondre à ça ? » Leurs yeux, ouverts comme des billes, me font perdre mon assurance et je me sens comme un animal traqué…et ma bonne vieille timidité, que je croyais enfouie, me remonte en pleine face.
    Je suis l’attraction du moment, et je n’aime pas du tout ça !
    C’est un grand moment de solitude, croyez-moi, car il n’y a pas une seule personne qui vole à ton secours sur ce genre de question.
    Ben non, tu es trop « non-conforme » pour avoir des alliés.

    Quand j’y pense, j’ai été très patiente. Mais le nombre d’inquisiteurs est trop grand : c’est le pot de terre contre le pot de fer.

    Quand j’y RE-pense, il faut une sacrée dose de culot ou d’inconscience pour me poser une question pareille ! Et si j’avais été stérile !?
    Ils ne seraient pas dans la m…, les questionneurs !
    Ils passeraient certainement un sale moment de solitude eux aussi.
    Tiens, ça te fera les pieds d’être aussi curieux ! La prochaine fois (s’il y en a), tu tourneras ta langue sept fois dans ta bouche !

    En attendant, on ne harcèle pas à ce point un homme non-papa.
    Lui, il a le droit d’avoir fait son choix, de toute façon c’est pas lui qui le fait (l’enfant). Mais attention, messieurs, on peut tout aussi bien vous en faire un dans le dos. Je ne considère pas cette situation bien meilleure…

    Alors je vous le dis : « j’assume, je suis normale, mais arrêtez juste de m’emm … avec vos questions ! ».

    Plus tard, ces mêmes personnes trouveront des réponses ou des culpabilisations à ta place.
    De la plus amusante à la plus pathétique, je vous les lâche toutes en vrac :
    « Tu as peur de la péridurale »
    «Tu aimerais bien, mais tu n’oses pas »
    «Voir un psy, ça fait du bien »
    « Tu as peur de reproduire ce que tes parents ont fait »
    « Tu ne veux pas d’un gros ventre »
    « Tu es totalement égoïste »
    « Il faut un but dans la vie, donne un sens à ta vie »
    « Tu verras, c’est QUE du bonheur » (la même personne m’a dit un jour qu’elle m’enviait et rêvait être à ma place….no comment !)
    ….

    Mais la vérité c’est que ça n’a jamais été un but ni une priorité pour moi et cela semble tellement difficile à comprendre !
    Arrêtez de gaspiller votre énergie à me convaincre.
    J’ai la chance d’avoir eu le choix, alors laissez-moi ce choix !
    Et au passage : Joyeux anniversaire la pilule !
    Dire que tu as mon âge (seulement)!

    Moi, je peux faire ce que je veux quand je le veux et aller où bon me semble sans (presque) avoir de compte à rendre. Je peux dormir 9h par nuit, me balader à poil, et hurler quand je fais l’amour.
    J’arrive même à me passer de téléphone portable !
    Ca sent bon, la liberté…
    Bon, je vais arrêter là car je risque de faire des jaloux…

    Finalement, c’est très banal d’être parent : il y en a partout !

    Episode 3 : Les Mamans

    Mon dieu, comment vous dire, vous qui étalez les photos de vos enfants et branchez la caméra sans qu’on vous le demande : vous me faites ch…

    Je comprends qu’on soit si fier, mais gardez vos photos et films, les commentaires, ça suffit déjà bien. J’en ai les zygos qui se bloquent rien que de penser à mes sourires jaunes lors de ces pénibles séances.
    «Oh, qu’il est mignon », alors que vous le trouvez archi-moche. Mais bon, je suis bien élevée et ce n’est pas politiquement correct…

    Et alors que je suis plutôt patiente et tolérante lorsque le petit diable ouvre mes placards, fouille dans mon sac, bave dans le bol de gâteaux apéritifs (non, pas dans mon sac !), ou hurle « MAAA-MAAN! » une dizaine de fois pendant que je parle, il se passe un phénomène de désolidarisation de la part de certaines mamans.
    C’est leur fameuse phrase : « Mais toi, tu ne peux pas comprendre ».
    ARRRGH !
    Cette suffisance, de la part d’une bonne copine, ça va pas le faire !
    Je supporte un tas de choses et en plus, les phrases du genre « tu verras quand tu seras mère ».
    Mais-je-ne-suis-pas-myope !
    C’est quoi ce grand mystère qu’on apprend au moment de l’enfantement ?
    On a la science infuse, on connait la formule de la bombe à neutron, on rentre dans une secte… ?
    J’ai surtout pas envie de me rendre compte que c’était mieux avant.
    Et en plus, on ne peut même pas le rendre au magasin…
    Et c’est pire quand le père se barre avec le ticket de caisse…

    Alors, qu’on subisse vos questions impertinentes et vos morveux, passe encore, mais pas en plus vos grands airs devant une copine non-maman qui a pris sa décision !
    Ce n’est pas de la jalousie quand même, vous ne nous faites pas payer votre situation ?… Rassurez-moi.

    Savez-vous comment vous fâcher définitivement avec une bonne copine qui est maman ? Vous lui dites que son gosse est mal élevé.

    J’ai vraiment du mal avec le principe de l’enfant-roi ! L’enfant casse-c… oui !

    Je suis désolée de vous dire ça, mais une soirée avec et une soirée sans vos enfants, ça n’a rien à voir !
    En plus, ça vous fais du bien de sortir des couches et des récitations.
    Et sincèrement, quand vous arrivez les bras plein de sacs, c’est pathétique : on dirait que vous partez en expédition : les jouets, les couches, les goûters, les bibs à réchauffer, les pyjamas, les lingettes, le couffin, la poussette… Restez zen !

    Je vous jure : 90% de votre attention est captée par votre enfant en soirée, qu’il fasse une bêtise, se roule sous la table, disparaisse du champ de vision, tiens c’est l’heure de son manger, de son pipi, il faut le mettre au lit………..
    Vous voulez des exemples ?
    « Lâche ça ! Mets pas ça dans ta bouche ! Enlève tes doigts du nez ! Arrêtes de martyriser ce pauvre chien ! Arrête de courir ! Arrête de crier ! Ne donne pas de coup de pied ! Mets pas tes coudes sur la table ! Essuie-toi !……………………….. »
    La liste est très très longue.

    « On ne se voit plus », dit la copine.
    Tu m’étonnes !
    Ben oui, même quand je l’appelle elle n’a pas 10 secondes d’affilée à me consacrer.
    Je dois subir les hurlements dans le combiné : « KEVIIIIIN !!!!!! Viens ici !! ».
    Faut pas être cardiaque, ça prévient pas ces trucs-là !
    Bon, c’est vrai que pendant que maman était au téléphone, le petit monstre en a profité pour taper sur sa sœur.
    Mais bon, y’a des limites pour tout le monde…

    Ah oui, j’allais oublier : Qu’est-ce que c’est que cette drôle de manie d’amener son bébé au boulot ?
    Pour le montrer ? Comme à la foire ?
    Si c’est pas être imbu de soi-même, ça !
    Le pauvre nouveau-né, tout fragile, comme je le plains : tous ces gros adultes pleins de microbes qui lui soufflent au nez ou lui postillonnent au visage… Ils parlent trop fort, avec leur haleine de café ou de clope. Beurk !

    Et puis les parents se sont transformés en donneurs de leçon-prof-directeur-flic, à ton contact. Ils se permettent maintenant de te dire, ouvrant un œil sévère et noir d’incompréhension : « Il est interdit de fumer ! Ne dis pas de gros mots devant le petit ! Tu peux retenir ton chien ? Parles moins fort, tu vas le réveiller ! Arrêtes de lui montrer le mauvais exemple! Arrêtes de l’énerver ! Il voudra plus dormir….. »
    Voilà que maintenant je reçois ces ordres comme l’enfant qui a fait une bêtise !
    C’est insupportable et humiliant. Qu’est-ce que je fous là ?

    Plus je vois tout ça, plus ça me conforte.
    Et ma copine, quoi qu’elle en dise, elle n’est pas différente d’avant.
    Elle a juste un peu plus de responsabilités… et carrément débordée !

    Episode 4 : Les Papas

    Chez les papas, il y a trois cas de figure : celui qui a voulu, celui qui n’a pas voulu et celui qui ne veut plus.

    1/ Celui qui n’a pas voulu, je le plains sincèrement, car il est tout à fait désarmé devant ce pouvoir inhérent à la femme.
    Au final, c’est elle seule qui décide vraiment si elle garde l’enfant ou non.
    L’homme ne peut pas l’obliger à avorter.
    Celle qui a fait un enfant dans le dos, a pratiqué un abus de pouvoir et joue à quitte ou double. Elle peut se retrouver seule à élever son enfant.

    A moins que ce ne soit une célibataire endurcie qui cherche simplement une semence pour faire son bébé toute seule.

    De toute façon, qu’elle veuille le garder ou qu’elle veuille avorter, c’est toujours la femme qui a le dernier mot !

    2/ Celui qui a toujours voulu être papa.
    Le jeune papa moderne s’implique de plus en plus dans les tâches quotidiennes.
    D’abord, il parle au ventre de la mère… Ensuite, il gère tout :
    le biberon, les couches, le bain, les balades, les devoirs, les repas….
    Il chante, raconte des histoires, berce et regarde amoureusement sa progéniture.
    Malheur à qui s’en approche !
    Il faut voir ses yeux pleins de fierté lorsqu’il en parle…
    Il en devient presque aussi mère que sa femme !L’homme parfait?

    Mais il y a aussi ceux qui ont de « bonnes » raisons : pour le nom (la continuité familiale, surtout si le nom est noble), pour les affaires (l’entreprise prospère qui doit rester dans la famille), pour aider (surtout chez les fermiers), et dans certains pays juste pour avoir un fils (l’honneur !).
    Certains pères sont assez « machos » : s’occuper d’un enfant c’est le travail de la mère. Ca ne leur viendrait pas à l’idée de « torcher » le gamin ou de lui faire à manger. Ce travail à plein temps (y compris les courses et les allers-retours chez la nourrice) n’est pas digne d’eux. Je dirais même qu’il y a du dégoût.
    D’ailleurs ils n’ont pas le temps (il faut bien faire bouillir la marmite !) et ils ne savent pas faire (mon œil !).
    C’est bien connu, la maman sait mieux faire, et, quelquefois, quand elle voit le résultat, elle préfère !
    C’est bien beau tout ça, mais si la maman travaille, elle aussi ?
    Elle doit tout faire quand même ?
    Eh oui, c’est malheureux, mais ça existe….

    L’ironie du monde moderne, c’est que si la mère décide de partir, c’est pratiquement toujours elle qui en a la garde (c’est un peu moins vrai au 21ème siècle). Il ne reste plus au père que ses yeux pour pleurer et un week-end tous les quinze jours !
    On le voit dans les faits divers, ces situations mènent parfois au drame…

    Côté fanatiques, il y a les hommes qui regrettent de ne pouvoir enfanter.
    C’est vrai, c’est injuste, pourquoi pas chacun son tour ?
    Et qui envient leur compagne de l’instant privilégié de la tétée….
    Ah ! Si on pouvait avoir le choix…..

    3/ Enfin, celui qui n’en veut plus.
    L’égoïste se barre, il en a marre de la vie de famille, de la marmaille, les hurlements, ça le gonfle, ça lui pèse. Il ne pensait pas que ce serait aussi pénible.
    Il trouve sa femme moche, vieille et chiante maintenant.
    En plus, comme c’est bizarre, il vient de rencontrer une jeune femme charmante qui veut bien faire sa vie avec lui…. Alors, ciao, la grosse, et sans rancune !
    Le Super-lâche prend les jambes à son cou, part sans laisser d’adresse, te laisse dans la merde.
    Il n’a qu’à descendre acheter un paquet de cigarettes, c’est facile…
    Il ne reste plus qu’à lui souhaiter une seule chose : que sa nouvelle femme veuille fonder une famille !!!

    Finalement, si j’étais un homme, j’aurais peut-être bien voulu d’un enfant, trop content de ne rien faire, je ne me lèverais pas la nuit pour biberonner, je sortirais avec mes potes, j’aurais horreur des couches, je ne saurais pas faire le ménage…

    Episode 5 : Les mauvaises raisons

    Il y a les égoïstes : ceux qui ont fait un enfant pour ne pas être tout seul, pour ne pas vieillir abandonné.

    Ceux qui déguisent leur enfant en un petit quelque chose qu’ils n’ont pas pu être.

    Ceux qui les poussent vers une carrière, des études qu’ils n’ont pas eu la force de faire.

    Ceux qui ont besoin qu’on les admire, que leur enfant leur ressemble, une continuité de soi.

    Ceux qui veulent briller à travers les regards des autres sur leur enfant.

    Il y a ceux qui sont contre la contraception.

    ——————————-et les mauvaises actions :

    Ceux qui gardent leur enfant pour eux, même après l’âge de raison, et qui lui font du chantage : « me laisse pas toute seule. Je n’ai que toi. Après tout ce que j’ai fait pour toi… ».

    La phrase qui tue : « t’as voulu des enfants, alors maintenant, t’assumes… »

    Il y a le parent violent : fallait pas le faire, alors !

    Il y a les hommes qui aiment TROP les enfants………..

    Il y a les parents dont les mots ne servent plus qu’à se détruire mutuellement, et qui se déchirent devant leur progéniture. Sans penser une seconde que l’enfant en gardera une trace dans ses oreilles, dans sa mémoire…

    Enfin, ceux qui ne se rendent pas compte que culpabiliser un môme équivaut à en faire un adulte pas confiant, ni stable, voire triste ou même dérangé.

    Il paraîtrait que l’être humain a horreur du vide.
    Alors certaines personnes sont persuadées que ce qu’elles ont de mieux à faire c’est de faire des enfants, qui feront eux aussi des enfants, qui feront eux-mêmes des enfants…..
    On remplit la terre, on remplit le vide dans nos vies, on se donne une « assurance vieillesse », sans même chercher pourquoi, si on en a vraiment envie, parce que ça se fait.

    Je connais des gens qui ne vivent que pour leur enfant.
    Je trouve ça triste… Une fois l’enfant parti, c’est la déprime, une petite mort…

    Les personnes qui ne veulent pas d’enfant n’ont, quant à elles, pas de vide à combler.
    C’est bien ce qui turlupine les psys.

    Episode 6 : Les Enfants

    Faire un enfant, c’est surtout ne jamais perdre de vue qu’on est en train de fabriquer un futur adulte indépendant, qui partira faire sa vie avec les bagages qu’on lui a remplis (ou pas). Comme ça l’a été pour nous…

    On parle souvent de la période fondamentale de l’enfance chez les psys.

    Un enfant, c’est une fragile éponge, qui aspire tout ce qu’il voit et entend, et qui se construit avec ce que tu lui donnes.

    C’est comme une maison :
    Il y a les fondations, la charpente.
    Puis il y a les pièces, les rangements, les cachettes.
    Vient à la fin, la toiture.
    Mais je connais des gens qui n’ont jamais pu finir leur maison…

    A l’école, on apprend de façon ludique (du moins au début) ;
    à la maison, de façon affective et basique.
    Un enfant qui rejette les légumes, c’est peut-être parce qu’on lui a présenté l’aliment n’importe comment, sans essayer de l’intéresser

    Le parent a ses propres limites : pas le temps, pas envie, pas le moment de jouer, ne voit pas l’intérêt, vivement-qu’il-mette-tout-dans-sa-bouche-qu’on-passe-à-autre-chose.
    Si on court, on ne prend pas le temps de s’arrêter, dirait La Palice.
    On comprend que les parents soient « overbookés », mais, bon sang, l’enfance ne dure que quelques années. Le nombre de parents (beaucoup de pères) que j’entends regretter de ne pas avoir profité de ses enfants !
    Cette période restera un souvenir d’une durée infinitésimale dans votre vie (sauf si, bien sûr, vous avez fait 9 enfants !).

    De plus, le désenchantement marqué par les parents ne fera que diriger (déjà !) l’enfant vers du stress et des pensées négatives.
    On ment beaucoup aux enfants : le Père-Noël, les contes de fée, le prince charmant, les belles promesses non tenues…. Ca crée de la révolte et de l’injustice dans la tête d’un enfant, croyez-moi.
    De l’époque Barbie-Pokémon-préhistoire-Ninja-vétérinaire-pompier, il ne restera plus rien.
    Un enfant perçoit TOUT !

    On dit que la vie est dure…
    Ah, c’est sûr, ça commence très tôt !
    On arrive sur Terre dans la souffrance : la mère qui accouche sous les râles des contractions et les cris de « libération », mais aussi le bébé qui passe d’un univers aquatique au remplissage violent d’air dans ses poumons.

    Tout petit, on devine déjà un tempérament : introverti-timide ou hyperactif-sans-gêne.
    Le papa trouve qu’il n’est pas intéressant avant ses 6 ans, et la maman est en béatitude-béatification devant tous ses progrès.

    Les parents s’inquiètent beaucoup sur la sécurité: ils installent des cache-prises, mettent la Javel en hauteur, poncent les coins des meubles, pas de jouet de moins de 5 cm, pas d’objet pointu, pas de chat, pas de chien…

    Faire un enfant, c’est comme créer une petite entreprise (devrais-je dire une Multinationale !) où tous les métiers sont représentés : cuisinier, chauffeur, livreur, éducateur, professeur, nounou, psychologue, pédiatre, infirmier, assistante sociale, voyagiste, bagagiste, moniteur, surveillant de baignade, styliste, coiffeur, habilleuse, Régisseur son et lumière…..
    Et tout cela sans même s’en rendre compte !

    Une fois passés les premières nuits, biberons, couches, vomis … vous vous dites que vous allez enfin être tranquille.
    Que nenni !
    On a bien ga-gatisé, on s’est bien énervé sur leurs bêtises… mais on était encore heureux, car suivra un âge bien plus préoccupant où ils sont censés avoir déjà appris moult choses, mais qui ne les empêche pas de repousser encore plus loin les frontières : l’Adolescence.

    Episode 7: Les Ados

    Ah, il est loin l’enfant dépendant de vous, où vous pouviez encore exercer votre autorité parentale et vous complaire dans la satisfaction de l’Obéissance!
    Là, vous ne le comprenez plus…
    Pourtant il vous semble que votre adolescence n’est pas loin, que ce n’était pas si terrible, que ça ne devrait pas être si différent…
    C’est pas normal cette attitude de rebelle, m’enfin!

    En réalité, quand on devient parent, on oublie ce que c’était d’être dans la tête d’un enfant, et surtout d’un ado.

    On s’est dit qu’on n’allait jamais reproduire ce qu’on avait vécu.
    Surtout les mauvais moments.
    Et en fait, c’est plus fort que nous, on se surprend à utiliser les mêmes mots que nos parents, les mêmes interdictions fusent plus vite que notre ombre.
    C’est quoi ce sortilège ?

    L’adolescence, c’est l’antichambre entre l’enfance et la vie d’adulte.
    C’est un moment d’incertitude angoissante qui nous fait dire : « qu’est-ce que je vais devenir ? Que vais-je faire plus tard ? ».
    Dans « faire », il faut comprendre : « faire de sa vie », « réussir sa vie » ; socialement et affectivement, on doit tendre vers la réussite.
    Et les parents ne nous rassurent pas : « passe ton Bac d’abord ». D’abord quoi ? Qu’est-ce qui se passe après ? Où elle est la notice ?
    Comme si ce bac était un cap ultime vers la réussite.
    Pourtant nous connaissons une quantité d’autodidactes célèbres, talentueux, qui ont réussi dans la vie et qui ne sont jamais allés jusque-là.
    Bien sûr, si on veut devenir avocat ou médecin, alors là, on n’a pas le choix !
    A travers l’ado, le parent veut se tranquilliser sur l’avenir et mise sur la bonne volonté de sa progéniture.

    Mais voilà, l’adolescence est bien plus compliquée qu’on ne l’envisageait.
    Selon les anglais, elle dure 6 ans : de 13 à 19 ans. Ce sont les « Teens », les « Teenagers », si vous préférez.
    C’est une longue période plutôt floue pour quelqu’un qui ne se sent plus un enfant et pas encore un adulte.
    Un ado, c’est un enfant pas fini et un adulte pas mature. Dur, dur !
    On a même inventé un mot pour les ados qui souhaitent prolonger un état infantile bien après 19 ans : l’adulescent, ou « kidult » en anglais.
    Regardez bien autour de vous, vous en reconnaîtrez certainement.

    Un ado est incompris : il faut voir comment réagit ironiquement un adulte lorsqu’il (l’ado) veut donner son avis !
    Et ça fuse : « Tais-toi ! File dans ta chambre ! C’est pas pour les enfants ! Tu es trop jeune pour comprendre ! Tu n’y connais rien ! ».
    Et autres vexations bien salées….
    S’il paraît dégingandé, amorphe ou fatigué c’est qu’il dépense beaucoup d’énergie: la puberté, la recherche d’identité, les conflits intérieurs et extérieurs.
    C’est une situation inconfortable : il n’a pas encore de moyens financiers et doit aller quémander son argent de poche à ses parents pour s’acheter des petits plaisirs. Et à cet âge, ces plaisirs sont bien plus appréciés qu’à l’âge adulte, où ils deviennent des palliatifs au stress ambiant.
    Bien sûr, il peut toujours se trouver un job pour gagner quelques sous, mais vous ne croyez pas que les 40 années qui l’attendent ne suffisent pas ?

    Et puis un parent ça sert à ça : il te paye tout, tu quittes le nid et ne les rembourse jamais. La meilleure des banques, à des taux imbattables !

    L’adolescence crée une panique à plusieurs niveaux, mais c’est surtout la transformation physique la plus spectaculaire.
    Le corps change, la voix mue, et des choses poussent sans qu’on soit d’accord (ou même informé).
    Le pire pour une petite fille, c’est de n’avoir eu aucune information sur les règles, lorsqu’elles se déclenchent !
    Elle se cache derrière des gros pulls ou de longs tee-shirts difformes afin de cacher sa silhouette changeante.
    Le garçon n’ouvre plus la bouche de peur d’émettre des sons tragi-comiques-aigus.
    Ils ne maîtrisent plus rien, mais savent une chose : ils n’ont pas envie de ce changement.
    C’est la première période de l’adolescence.
    Puis viennent, l’acné, les poils qui poussent, la moustache…
    Alors si se raser peut paraître rigolo pour certains, les boutons disgracieux placés juste à la face du monde sont très pénibles à vivre.
    Et croyez-moi, les vergetures, la douleur des seins qui poussent, sans parler des règles, sont très mal venues chez l’adolescente.
    Tout ceci n’aide pas l’ado à aller vers les autres.

    L’avantage de l’âge, c’est qu’on sait que ça ne dure pas.

    Les mamans, même si elles n’ont rien oublié, sont souvent gauches dans leurs réflexions : « tu es une femme maintenant ».
    -« Mais je n’ai que 13 ans ! »
    C’est l’angoisse !

    Pour les parents, c’est assez pratique d’être entre 2 âges, ils peuvent invoquer n’importe quelle raison : « tu n’as pas droit à ça, tu n’es qu’un enfant », «tu pourrais m’aider, tu es assez grand maintenant »….
    L’aîné(e) ado a le plus mauvais rôle, il ou elle n’a pas le droit d’aller au ciné, de se maquiller, mais est assez grand(e) pour surveiller ses petits frères et sœurs, de prendre son bus seul pour aller à l’école, faire les courses et le ménage.
    Ici les parents divergent, et c’est à ce moment qu’on les compare : la maman d’untel lui permet de porter ça, mais pas toi. Lui a droit de faire ça, mais pas toi.
    C’est bien connu, l’herbe est toujours plus verte ailleurs…

    On entre dans la transition de la déception continuelle : on ne voit que mauvaise humeur, brimades, privations et autres côtés obscurs dans tout.

    Réaction : la Rébellion !
    Contredire, provoquer, refuser, entrent dans le quotidien d’un ado et deviennent un moyen de s’affirmer, avec un seul but : faire exactement ce qu’on lui interdit de faire.
    Comme s’il n’y avait pas d’autre moyen de grandir que de contrer l’adulte !
    Je couche, je me drogue, je tombe enceinte, rien que pour leur faire les pieds…

    Ces actes, on ne le sait pas encore, on les regrettera toute sa vie…

    Et pourtant, si on avait su comme ce temps de l’insouciance était précieux !

    Concernant les premières sorties, les parents font une différence entre les filles et les garçons.
    On a peur pour les filles, on « connaît » les prédateurs : il faut alors la prévenir sans l’effrayer. Elle peut tomber enceinte, se faire violer, ou pire, passer dans une « tournante ». Comment ne pas avoir peur ?
    Alors qu’un garçon, il peut bien sortir avec ses copains, il est « presque » en sécurité. Mis à part se faire écraser, tabasser, racketter…

    Oserais-je rappeler que tous les péchés que l’on reproche actuellement existaient déjà il y a fort longtemps : drogue, vol, prostitution… ?

    C’est à la période de l’adolescence que se concrétisent les personnalités, les idées, convictions et autres goûts, que les adultes tentent de canaliser à tout prix, voire à tuer dans l’œuf.

    Les parents déçoivent. On est trop jeune pour avoir une voiture, mais pas question de se taper toutes ces côtes à vélo ! Donc, l’ado demande une mob’ ou un scoot’, enfin un moyen de se véhiculer librement.
    Réponses : « Oui, mais non », « trop dangereux », « trop cher », « attend le permis »…
    Quelques chanceux auront gain de cause et pour les autres….le bus (ou les copains).
    Certains parents se reposent un peu trop sur les profs. Genre : « je passe le relai, je suis trop crevé », et du coup ne suivent plus rien.

    Quand on est petit, on rêve d’être pompier.
    Et quand on est petite, on rêve de devenir « Miss France ».
    Mais quand on est ado, on rêve de quoi ?

    1/ être libre
    2/quitter au plus vite le cocon familial
    3/draguer, se faire draguer

    Dans ce dernier point, l’intérêt principal est de connaître son pouvoir de séduction. Après tout, on n’a que ça à faire !
    Ces premières amourettes sont prises très au sérieux, il n’y a rien de plus important : le cœur se met à battre violemment, vous coupe le souffle, on attend avec impatience le moment délicieux des slows, et on fond au premier baiser.
    Ca passe par de nombreux codes : vestimentaire, comportemental ou autres artifices. Et n’oublions pas d’arborer le suçon de la tribu des ados !
    Les lieux du « crime » : la Boum ou, plus tard, la Boîte de Nuit.
    Je me rappelle ces moments avec délice: préparation, maquillage, parfumée, on appelle les copines pour les potins du jour. On est survolté !

    Quand on est une femme, on apprend (à ses dépends) à se méfier des belles gueules. Imbus d’eux-mêmes, ils collectionnent les conquêtes comme des trophées. Ils ne sont pas spécialement machiavéliques (voire bêbêtes), mais qu’est-ce qu’ils font souffrir !
    Le passage à l’adolescence, c’est la conscience de la souffrance et des mensonges.
    On nous ment encore beaucoup à ce stade : les parents, les copains, la télé, les journaux, ou celui qui dira qu’il t’aimera toute sa vie…

    Et encore plus tard : on te mentira au boulot, au magasin, sur la voiture que tu viens d’acheter, à ton mariage, ton mari …

    Pour avoir été moi-même ado, je tire mon chapeau aux parents et rend hommage à ma mère, seule avec 3 enfants.
    Toutes ces périodes-expériences m’ont appris à :
    ne pas faire confiance aveuglément, compter sur moi-même, et être autonome financièrement (ça sert toujours).

    Un adulte devrait toujours se rappeler 2 choses :
    -on ne connaît jamais VRAIMENT BIEN son enfant
    -on n’est jamais VRAIMENT BIEN dans sa peau

    Episode 8 : Aux States

    Une fois n’est pas coutume, il faut bien reconnaître que les Etats-Unis ont une longueur d’avance. Cette chère vieille terre de France fait office de marâtre en terme de tolérance face aux non-parents.

    Il existe un nouveau genre appelé les DINKS (« double income no kids », soit 2 revenus et pas d’enfants). Des associations revendiquent le droit à la contraception, à l’avortement depuis des décennies, mais aujourd’hui, elles vont plus loin : elles défendent les personnes qui ne désirent pas d’enfant, comme un mode de vie.
    Toutes sortes de propositions de consommation innovantes avec un seul concept « le tout sans enfant » sont apparues: des quartiers résidentiels pour non-parents, des voyagistes qui organisent des vacances sans enfants, « quiet » restaurants…..
    On connaît les tendances excessives des américains, mais l’idée de fond est bonne : respectez ceux qui sont différents et cessez d’imposer vos choix de vie.

    En France, on m’a fait comprendre à quelques reprises que ce n’était pas normal d’accéder à une maison avec jardin quand on n’avait pas d’enfant !
    Même certains amis m’ont regardée de travers…
    En gros : laisse la place aux autres et range tes envies dans ta poche !

    Je rêve qu’on n’ait plus à se justifier aux yeux de 90% de la population, je rêve qu’on nous comprenne, qu’on nous respecte. J’ai bon espoir que cela devienne une normalité, que les choses changent, qu’on se sente citoyen à part entière.

    Episode 9 : The Question

    Est-ce qu’on pose la question à une maman :
    « POURQUOI tu as eu des enfants ? »

    Episode 10 : Mille et une « Bonnes » Raisons

    J’ai recensé des dizaines de raisons qu’il y aurait de ne pas faire un enfant, hormis juste le fait de ne pas en vouloir, alors accrochez-vous :

    -Je ne veux pas d’un petit moi, d’un clone

    -Reprendre toutes ses études depuis le début : quelle galère !

    -Je ne veux pas me lever aux aurores pour habiller, laver, faire manger, accompagner…

    -Se lever 5 fois par nuit pour biberonner, non merci !

    -Le rêve : un supermarché sans jouets et sans bonbons.
    Ca stopperait peut-être les cris(es)…

    -Ca coûte trop cher

    -Avoir des enfants c’est se mettre des chaînes aux pieds. Et en plus, c’est pour la vie. Totalement maso !

    -Je ne veux pas souffrir

    -Quand tu as un enfant, les grasses mat’ c’est ter-mi-né !

    -Sans cris d’enfant sur la plage, dans l’avion, le train, la voiture, la chambre d’hôtel, chez les potes… c’est quand même mieux

    -Mon mec c’est déjà un gamin, alors pas besoin d’en avoir 2

    -Et mon intimité ? Quand est-ce qu’on fait l’amour ?

    -J’ai pas envie d’arrêter de fumer

    -Les kilos de linge, de courses, de couches, de vomi, de petits pots, de leçons à apprendre, de repassage, de vaisselle, de poussière, de poussettes, de landaus, de siège-bébé, de chaussures trop petites, de bains à prendre, de nourrices, de crèches, de cadeaux de noël, d’inscriptions à la danse, au cheval, à la guitare, aux échecs, au judo, sans compter les allers-retours : très peu pour moi !

    -Repasser le bac et le permis ? L’angoisse !

    -Si c’est pour le voir (l’enfant) juste 2h30 par jour !

    -J’ai pas envie de m’inquiéter sans arrêt pour lui, toute ma vie

    -J’ai pas envie d’avoir honte chez les copains ou au supermarché

    -J’ai pas envie de répéter 40 fois la même chose. Fatiguée rien que d’y penser…

    -J’ai déjà du mal avec moi-même…

    -Je ne vois pas bien l’attrait des nausées, des vergetures, des crevasses, de l’épisio, des 40cm de péridurale, de la cicatrice de la césarienne, des forceps, du lait qui gicle…

    -Je veux garder mon mec !

    -Faire un gosse dans cette société pourrie ? Pour en faire quoi ? Un chômeur ?

    -Je ne supporte pas ces menteurs de parents qui disent que tout va bien.
    Et l’adolescence, c’est une partie de plaisir ?

    -J’ai horreur des conversations sur le rot du petit dernier, des mamans qui jouent à la poupée (la robe assortie aux chaussures top fashion) et horreur des horreurs : l’album photo ! non, pitié, pas ça !

    -J’ai pas envie de « pondre ». ok, c’est naturel mais un peu trop « animal » à mon goût. Devinette : poule ou vache ?

    -Une femme enceinte c’est hyper laid

    -Et s’il devient un ingrat qui te crachera dessus plus tard, ou qui se droguera, découchera, tombera enceinte, ira en taule… ?

    -Peur d’avoir un trisomique ou un mal formé

    -T’as vu le monde qu’il y a déjà sur terre ?

    -Un enfant, c’est pour la vie !

    -C’est une énorme responsabilité : il faut en faire quelqu’un.

    -Ma vie est un échec, j’ai pas réussi grand-chose…alors un enfant…

    -Et vous pensez à tous ces enfants qui n’ont pas de parent ?

    -Il faut être sacrément égoïste pour faire un môme au 21ème siècle !

    Mais je n’ai pas eu besoin de donner une de ces réponses, car étant libre, je n’ai tout simplement pas fait quelque chose que j’avais le choix de ne pas faire.

    Et vous savez quoi ? Si j’avais voulu d’un enfant dans ma vie, de toute façon je l’aurais adopté…

    Episode 11 : Moi

    Je n’ai pas eu une enfance heureuse.
    J’ai eu une enfance, oui, mais heureuse, non.
    A cause de qui ? D’une personne : mon père.

    (Là, je crois entendre le psy se dire : « ah ! Mais je comprend pourquoi elle ne veut pas d’enfant ». Un peu trop élémentaire, mon cher Watson !)

    Je ne comprenais pas pourquoi il criait tout le temps ni pourquoi il s’en prenait à notre mère et à nous.
    On n’avait rien fait de mal.

    Un père comme le mien, dans son brouillard affectif, nous assénait des ordres sans aucun sens. Juste pour tester son autorité et se défouler.
    Et les coups tombaient, telle une massue de 1000kg !
    Avec ma perception naïve de petite fille, je croyais que tous les enfants vivaient la même chose que moi.
    Je ne pensais certainement pas que ses actes étaient dirigés par ce fléau qu’était l’alcool. Je ne savais même pas ce que c’était, ni le goût, ni l’odeur. Mais les conséquences, ça oui, je les connaissais !
    Alors on inventait des codes : grand silence, yeux baissés, dos rond, en rêvant d’être transparent et en implorant le ciel que ça ne retombe pas encore sur nous !
    Lorsque j’ai eu conscience que les autres enfants ne vivaient pas la même chose que nous, je me suis sentie comme trahie (ils ne savaient pas la chance qu’ils avaient !), différente, voire rejetée de la société.
    Et cette triste réalité : je vivais sous le joug d’un dominant asocial, pervers et misogyne.
    Mais un jour, une chose extraordinaire s’est passée : ma mère a quitté mon père (je devrais dire s’est enfuie) !
    Oui, cet homme qui nous battait, nous bouffait notre enfance, n’était plus qu’un point à l’horizon et toutes les pièces du puzzle se sont reformées : nous avons enfin pu avoir l’autorisation de nous reconstruire !
    Toute béquille était salvatrice, chaque petit moment de reconnaissance était un véritable bonheur, il ne nous en fallait pas plus.
    Nous sommes les rescapées d’un « chaos technique » de plusieurs années. Nous sommes sorties renforcées et déterminées à l’idée de s’en sortir, malgré nos fantômes et nos traumas.

    Tout ce début de vie a fait de moi une grande timide.
    Voilà ! Cataloguée soumise et victime ! Aussi simple que cela.
    Ca m’a suivie et desservie une bonne partie de ma vie, à l’école, en amitié et dans le travail. Certains en ont abusé.
    Tous nos choix sont dirigés par le vécu, certes, d’où l’ENORME importance de l’enfance.
    Mais comme dit le dicton : « comme on fait son lit, on se couche ».
    On peut renverser la vapeur, prendre sa vie en main et « faire le grand ménage ».

    L’intellect a pris une grande importance dans ma vie : j’ai beaucoup lu, je me suis fait ma propre opinion sans suivre celle des autres.
    Alors, dans la logique des choses, j’écris ces quelques lignes, et malgré la contemplation impudique de ma petite vie, je suis heureuse de voir mes mots imprimés, tout simplement.

    30 ans plus tard, j’ai développé une analyse personnelle et également comme un instinct animal envers ceux qui m’entourent.
    Un psychiatre m’a dit au bout de 3 séances : « vous n’avez pas besoin de moi ». Comment devais-je le prendre ?
    Alors là, le verre à moitié plein et le verre à moitié vide prenait tout son sens.
    J’ai été déçue et contente à la fois.
    Déçue parce que je croyais devoir me libérer de ce fardeau de l’enfance, et contente parce qu’on venait de me dire que j’avais les réponses à mes questions.
    En gros : tu arrives bien à te débrouiller toute seule, ma vieille !
    J’ai choisi de garder le verre à moitié plein : pure réaction de résiliente.

    Maintenant je suis plus mûre, plus sûre de moi, je sais dire non, je sais ce que je ne veux pas ou que je ne veux plus, je suis aussi plus douce avec moi-même.
    Et une chose est certaine : tant que je ferais de belles rencontres avec de belles personnes, cela me portera toujours un peu plus loin.

    Episode 12 : le Meilleur est à venir

    Ce n’est plus le temps des regrets.
    De toute façon il n’y en a jamais eu.
    J’aurais pu, oui mais non !

    Ah, quand je pense à tous ces hommes qui auraient aimé me connaître, s’ils avaient su!
    Ben oui, c’est totalement cool une fille qui ne veut pas d’enfant, tu penses !

    Il est vrai que je n’ai pas aidée la France à se repeupler, ni à aider les futurs retraités. Et même si la République Française ne me reconnaissait pas comme l’une des leurs, je ne finirai pas plus seule qu’une autre ; car il existe encore un sérieux problème en France : qu’est-ce qu’on fait de nos vieux ?
    Sans parler de ceux qui s’en détachent le plus vite possible.
    De toute façon, on meurt toujours seul.

    Je ne lèguerai rien, car je n’ai rien…..que moi et mes souvenirs.
    Ma liberté : celle d’avoir le droit de dépenser au fur et à mesure, sans spéculer ni m’inquiéter pour « leur » futur…

    Je me rends compte que trouver la sagesse en vieillissant, c’est vrai.
    Alors je n’ai pas vraiment envie de tout recommencer depuis le début !

    Ca y est ! J’ai 40 ans ! Ca sonne comme un cadeau de Noël !
    Et pour tous ceux qui ont envie de me dire : «Tu sais, on peut très bien faire des enfants après quarante ans », je réponds :
    « Vivement la ménopause ! »

    Merci maman

    Reply
    1. Carole 2015/08/28 at 4:10

      Merci pour ce témoignage que je trouve si rassurant! Je ne partage pas tous les arguments (ouf, la pensée unique serait flippante!) mais globalement, ces points de vue sonnent juste à mon oreille.
      Marre des jugements, des regards, des remarques…
      Non, je ne regrette pas. Non, je n’en veux pas. J’ai 32 ans, je suis célibataire, globetrotteuse en devenir (le grand saut dans 2 mois!) et bien dans mes pompes. Je ne veux pas de gamin, ce serait totalement irresponsable de ma part! Je ne suis pas un ogre mangeur d’enfant pour autant.
      Vive la liberté de choix et loin de moi les « bien pensants » qui croient savoir mieux que moi ce qui est bon pour moi!

      Reply
    2. Helo 2018/08/01 at 11:26

      merci pour ton texte, je me reconnais tellement dans ce que tu as (très bien) écrit! J’ai 23 ans, je ne supporte pas les enfants et je me sens déjà opréssée par le regard des autres; lors de soirées ou le sujet tombe sans que je le veuille, comme si les gens ne pensaient qu’a ça dans la vie! Je pense avoir trouvé l’homme de ma vie et mon choix de vie ne changera pas!

      Reply
  2. marie 2014/08/07 at 9:17

    Beau témoignage que j’ai lu attentivement jusqu’au bout.
    Ça ne doit pas être facile d’être femme sans enfant en France, au pays des 2 enfants au moins par femme…

    Reply
  3. Sophie 2014/08/10 at 7:25

    Wow! J’ai bien aimé ton témoignage avec lequel je suis parfaitement en accord! Je te souhaite une bonne continuité!

    Reply
    1. Catherine-Emmanuelle Delisle 2014/08/11 at 10:54

      Bonjour Sophie!

      Merci beaucoup de prendre le temps de m’écrire et de m’encourager dans mes démarches.

      Reply
  4. plus belle la vie en avance belgique 2014/10/01 at 1:15

    Thank you for some other wonderful post. The place else may just anybody get that kind of information in such an ideal method of writing? I have a presentation next week, and I’m on the look for such information.

    Reply
  5. Mélissa 2015/09/23 at 10:41

    Bonjour,

    Parfois on ne choisit pas de ne pas avoir d’enfants, la vie fait juste en sorte que le bon moment n’arrive pas et que lorsqu’on rencontre la bonne personne, il est trop tard car on a d’autres priorités dans la vie. Je suis une avocate en entreprise qui fait beaucoup d’heures de travail et de voyages par affaires. Pendant plusieurs années j’ai privilégié mes études (deux BACC et une maitrise) et ensuite ma carrière. De toute façon les hommes que je fréquentais n’était pas ceux avec qui j’aurais voulu en avoir car pas assez fiable. Quant à en avoir toute seule, c’était hors de question car ma mère était monoparentale avec deux enfants et a dû travailler très fort pour nous permettre d’avoir le nécessaire. Mon géniteur n’a jamais participé aux besoins de sa famille et il n’existait pas de saisie de pension alimentaire dans ces années là. À l’approche de mes 35 ans, j’ai eu cette envie d’un enfant comme plusieurs femmes j’imagine. Mon conjoint à ce moment là avait 15 ans de plus que moi et deux grandes filles alors pas question de revivre cette étape pour lui. J’ai passé encore quelque années avec lui et notre chemin s’est séparé à l’aube de mes 40 ans, nous prenions des chemins différents. Ma rencontre il y a 8 mois avec ce qui pourraient être l’homme de ma vie, nous sommes tellement pareils et compatibles que s’en est fou, a un peu changé ma vie. Il a déjà un enfant de 8 ans. Il a 3 ans de moins que moi aussi. J’ai pris la décision que si à 37 ans, je n’avais pas d’enfants, que je n’aurais pas.J’ai maintenant 40 ans, une profession qui m’occupe et que j’adore.Je suis un peu mère par alliance à temps partiel, 1 semaine sur deux et j’ai une magnifique filleule de 7 ans à gâter. Vivre avec une ex conjointe qui tente de mettre des bâtons dans les roues de notre belle relation est épuisant et nous en sommes arriver à devoir aller devant les tribunaux pour avoir la paix et pouvoir prendre les décisions qui nous reviennent lors de notre semaine de garde partagée. Bref, tout ça pour vous dire que lorsque quelqu’un ose me dire tu ne sais pas de quoi tu parles parce que tu n’as pas eu d’enfants, ça m’arrange. J’ai élevé mon frère de l’âge de mes 10 ans à mes 15 ans car ma mère travaillait sans cesse pour subvenir à nos besoins et nous procurer l’essentiel. De plus, j’ai gardé une famille de 5 enfants durant tous les étés pendant plus de 5 ans alors je pense savoir un peu ce que c’est que d’en élever. On dirait que les femmes qui n’ont pas d’enfants deviennent comme des créatures étranges parce qu’elles n’en n’ont pas. La vie décide parfois pour nous et fait en sorte que l’on n’a pas d’enfant. Maintenant à plus de 40 ans, je voyage par plaisir, pratique plusieurs sports à sensations fortes et fait des choses que je peux enfin me permettre de faire côté financier. Je ne me vois pas avoir un enfant à cet âge-là, la patience n’est plus la même et les priorités changent aussi. Si j’avais rencontré mon conjoint actuel avant mes 35 ans, probablement que ma vie actuelle aurait été différente mais je ne vis pas de regrets. Je profites de la vie avec ma nouvelle famille et l’apprécie. Ce blogue est génial et permet enfin de se vider le coeur. Les femmes ayant des enfants doivent comprendre qu’elles ne sont pas de meilleures personnes parce qu’elles ont des enfants. Ce qui fait les bonnes personnes, c’est ce qui est dans notre coeur et ce que l’on offre aux autres. On peut être une personne méchante et avoir des enfants. Je sais de quoi je parle!!!!!! 🙂

    Reply
    1. Catherine-Emmanuelle Delisle 2015/09/27 at 7:50

      Chère Mélissa,

      Un passage de votre message me touche particulièrement. J’ai longtemps résisté à ma différence. Je voulais à tout prix être  » comme tout le monde » et avoir des enfants. Assumer sa différence prend temps et persévérance dans un monde où l’engagement des mères est mis de l’avant quotidiennement.Mais quand l’acceptation de sa réalité se produit, l’ombre de la non maternité disparaît pour laisse place à l’espoir qu’il est possible de vivre une belle vie, sans enfant. Je vous souhaite de continuer à jouir de cette belle vie qui vous est offerte aux côtés de l’homme de votre vie!

      Merci encore de me lire!

      Catherine-Emmanuelle xo

      Reply
  6. Emmanuelle 2015/09/26 at 11:59

    Bonjour,

    Je viens de découvrir il y a à peine 2 heures votre site et je suis très surprise de me retrouver dans beaucoup de témoignages et celui – ci en particulier. Je connais et cotoie très peu de femmes n’ayant pas d’enfants et j’avoue que je me sens très souvent comme une extra terrestre parce que j’ai fait le choix, pour raisons médicales et personnelles, de ne pas devenir mère.Chaque rencontre avec de nouvelles personnes qui ne nous connaissent pas, mon compagnon et moi, est un défi parce que, à un moment ou un autre, on vous pose LA question dérangeante…ou pire encore, se retrouver avec des amis proches, qui savent, et qui, de manière honteuse, vous explique que leur enfant (en l’occurence ma filleule) se demande pourquoi je n’ai pas de bébé ou de gros ventre.Alors ils se perdent en des excuses interminables et se sentent gênés.Au début, ces questions déplacées m’attristaient parce que malgré tout, j’ai rêvé, à un moment ou à un autre, de devenir mère. Maintenant, j’assume, j’accepte et surtout je me sens bien dans ma peau. Mais ce qui me dérange vraiment sont les mots « tu ne peux pas savoir, toi tu n’as pas d’enfant ». Je me retrouve dans une situation où je me retrouve face à un mur.Mais j’assume. Enfin, il y a ceux qui vous font comprendre que vous ne savez pas ce qu’est le bonheur parce que vous n’avez pas d’enfant. Ou il y a certains parents qui se pensent mieux que vous parce qu’ils ont des enfants et là, la question qui me travaille est: est – ce que le fait de procréer nous donne un statut plus important ? Devient on plus intelligent parce qu’on est parent? Pour ma part, je crois qu’on reste toujours la même personne quelle que soit notre situation: parent, marié, célibataire. Voilà les grands défis de ma vie, me sentir acceptée dans une société qui nous matraque d’images de mamans épanouies, heureuses…et qui ne relatent pas ou rarement la réalité de la vie. J’ai lu beaucoup d’articles / témoignages et je me rends compte que je ne suis pas seule.Et tout ce qui est écrit me donne l’envie d’assumer encore plus mon choix de ne pas être mère. Je trouve ce site intéressant, intelligent et c’est une réelle délivrance pour moi que de vous avoir découvert.Merci, merci…sincèrement.Bonne continuation à vous et je ne manquerai de vous suivre attentivement.

    Reply
    1. Catherine-Emmanuelle Delisle 2015/09/27 at 7:41

      Chère Emmanuelle,

      Je suis sincèrement touchée de pouvoir faire une différence dans votre vie! J’ai moi-même longtemps cherché des femmes comme moi, sans enfant. À travers mes propres groupes de rencontre, je tisse maintenant des liens authentiques avec d’autres femmes sans enfant qui deviennent, pour certaines, de vraies amies. Quelle joie! Je sais, pour l’avoir vécu, qu’il est extrêmement ardu pour beaucoup de femmes sans enfant de trouver une valeur et une place dans un monde qui glorifie la maternité. Sachez qu’il y a, sur ce site, une place pour vous! Nous sommes la force tranquille de la société par notre engagement tant comme bénévole, travailleuse, aidante naturelle, amie, tante. Votre unicité est sans contredit votre force. Je vous souhaite de continuer à cultiver votre bonheur, sans enfant!

      Catherine-Emmanuelle xox

      Reply
  7. Claire S 2015/11/01 at 10:23

    je relaisse un com pour ces témoignages cette fois. Sur un autre com, j’expliquais que nous étions dans une phase compliquée et que le choix de ne pu essayer de faire d’enfants se dessinait peu à peu. J’ai peur de tous ces commentaires de personnes qui ont des enfants comme quoi on ne peut pas comprendre car on en a pas etc, heureusement personne ne me l’a dit car je crois qu’en ce moment je lui rentrerais dans le lard direct lol. Bravo à vous car c’est dur d’assumer sa vie que ce soit un choix ou pas face à tout ces gens qui se croient mieux que vous. Pour le moment, c’est moi qui me sens inférieure à eux. J’en ai un peu marre d’entendre qu’il y a toujours de l’espoir. En quoi c’est un espoir de tout faire pour tomber enceinte et quand c’est fait de rester des mois à ne rien faire pour espérer que votre enfant naisse a terme, à s’inquiéter de le perdre pour n’importe quelle raison avant qu’il naisse mais aussi après…après les hormones, c’est le baby blues, les nuits à ne pas dormir.. J’ai envie d’être heureuse avec mon mari, est-ce qu’on ne pourrait pas l’être sans enfant? Je ne sais pas.
    Merci de me montrer qu’apparemment on peut.

    Reply
    1. Catherine-Emmanuelle Delisle 2015/11/15 at 11:07

      Bonjour Claire,

      De votre message se dégage deux choses: votre désir profond d’être heureuse mélangé au vertige de devoir faire le deuil d’avoir des enfants.

      Je tiens à vous rassurer: votre « réactivité » face aux commentaires de votre entourage est vraiment normale.Beaucoup de situations de la vie de tous les jours peuvent déclencher de vive émotions au début du deuil. Mais avec le temps, on apprend à se tourner vers la reste de sa vie et à trouver la manière de s’accomplir.

      J’espère que je pourrai contribuer à vous aider à ma manière par mes écrits.

      Sincèrement,

      Catherine-Emmanuelle xoxo

      Reply
  8. didinette 2016/09/07 at 6:02

    Bonjour,

    J´ai trouvé votre texte très sincère et touchant.

    Je n´ai pas d´enfant, mais j´aimerais devenir maman un jour; je prend mon temps.
    Cependant, je respecte parfaitement le fait que certaines personnes ne veulent pas d´enfant. Personne ne devrait avoir à se justifier de ses choix.
    De plus, j´ai souvent entendu des amies me dire que je devais « profiter de la vie sans enfant »…à croire qu´elles regrettent leur vie d´avant!

    Je vous souhaite plein de bonheur et de beaux projets dans votre vie!

    Reply
    1. femmesan 2016/09/23 at 9:47

      Merci beaucoup de votre commentaire!

      Bonne route à vous!

      Catherine-Emmanuelle

      Reply
  9. Maud 2018/02/20 at 8:58

    Bonjour,
    je suis tombée sur votre site en faisant des recherches avec des mots clefs un peu stupides de type ’39 ans et il ne veut plus d’enfant’ etc. (j’explique pourquoi plus loin…)
    Il y a beaucoup d’occurrences sur les child-free, et/ ou sur les femmes n’ayant pas eu d’enfants par infertilité. J’ai eu du mal à trouver un endroit ou plusieurs cas de figures existaient.
    Bref j’ai eu envie de laisser un message car je suis un peu, complètement perdue. Alors je cherche des livres, des articles, n’importe quoi sur le sujet qui pourrait m’aider à ‘prendre une décision’, une bilbio quoi.
    J’ai 39 ans. Je n’ai jamais ressenti le désir d’enfant avant mes 34 ans et ma rencontre avec mon ex-amoureux; nous avons essayé de faire un enfant, je suis tombée enceinte deux fois et ai fait deux fausses couches. J’avais alors 36 ans, lui 40. Un diagnostic d’asthénozoospermie nous a fait (enfin plutôt moi, qui avait peur de ne jamais mener une grossesse à terme, ressentant l’urgence de l’enfant etc) commencer une PMA; après une insémination infructueuse, mon ami n’a pas supporté et est tombé en dépression, en disant qu’il n’était pas prêt finalement, pas assez amoureux, qu’il ne voulait pas d’un enfant ‘comme ça’. Nous nous sommes séparés, à la veille de mes 37 ans.
    J’ai mis du temps à m’en remettre. Puis il y a un an, quelques temps après mes 38 ans, j’ai rencontré un homme qui venait de se séparer, avec déjà deux enfants, de deux mères différentes. Sa récente séparation était encore une autre histoire. On a mis quelques mois à se ‘caler’. Dès le début, il m’a dit qu’il ne voulait plus d’enfant. Je trouvais ce sujet bien prématuré, étant donné qu’on n’était même pas encore amoureux. Pour moi ça n’avait pas de sens de parler de ça. Je voulais privilégier l’amour à toute projection prématurée d’un enfant. ne pas passer à côté d’une histoire à cause d’une hypothétique envie.
    Car je crois, peut-être de manière rétrograde, que j’ai besoin d’être amoureuse pour avoir un désir d’enfant.
    4 mois après notre rencontre, je suis tombée enceinte; je ne prenais plus de contraception, et la méthode du ‘retrait’ a visiblement mal fonctionné. Au vu de mon expérience passée, dans ma tête j’étais déjà vieille, et peu fertile alors…
    Cela a été un choc; nous ne nous connaissions pas vraiment, les sentiments naissaient mais au milieu d’un chaos de post-rupture pour lui, d’un parcours chaotique de vie avec deux enfants demi-frères et des grossesses non désirées (par lui)
    Nous avons décidé que j’avorterais. Cette décision m’a semblé raisonnable même si très douloureuse. Je ne voulais pas d’un enfant de cette façon; non désiré de manière conjointe.

    Aujourd’hui cela fait plus d’un an que nous sommes ensemble. J’ai eu 39 ans, et lui bientôt 45. Les données sont les mêmes. Mais la tristesse m’envahit un peu plus chaque jour. J’ai aujourd’hui un stérilet, qu’il a été extrêmement douloureux d’installer, tant physiquement que psychologiquement. Mais je ne voulais plus de cette lutte dans ma tête entre l’envie d’être enceinte et la peur de l’être dans ces conditions.

    Aujourd’hui je suis pleinement amoureuse de cet homme, qui me répète ne plus vouloir d’enfant. Pour des raisons d’âge, d’environnement déjà précaire dû aux deux mamans différentes (dont une un peu border), pour la raison que s’il y a une autre rupture il n’arrivera pas à gérer cela, trois enfants de trois mères différentes… comment les réunir, comment faire face.

    J’entends tout ce qu’il me dit. Raisonnablement je le comprends. Mais je reste seule avec mon envie d’un enfant de lui, ma peur de vieillir seule, ma peur de regretter d’être passée à côté de ça.
    Je reste aussi seule avec les remarques des gens qui dès la deuxième phrase (après ‘tu fais quoi dans la vie?’) me demandent si j’ai des enfants. Et qui quand je réponds ‘non’, ne disent plus rien.
    Seule avec des phrases blessantes de ma sœur qui me dit que je me trompe, que je me résigne, et que cet homme est égoïste de ne pas me faire un enfant par amour. Que c’est la plus belle chose au monde.

    Voilà pourquoi j’amène ici mon témoignage: je ne vous prends pas pour Doctissimo, pardonnez-moi. Je voulais simplement évoquer le cas de pouvoir avoir des enfants, d’en avoir voulu, d’en vouloir encore et de ne pas pouvoir. C’est comme une impasse. Et je ne trouve pas la sortie la moins douloureuse… merci.

    Maud

    Reply
    1. lola 2018/02/23 at 10:58

      Bonjour Maud,

      Ton post me touche beaucoup.Je me retrouve un peu dans ton témoignage, je n’arrive pas à trouver non plus une solution à mon désir d’enfant qui s’est révélé sur le tard.Mon histoire est cependant différente.
      j’ai 36 ans, et pendant longtemps je me suis interdit d’envisager le fait d’être mère un jour car ma mère a été très toxique pour moi et a nuit à mon développement identitaire en tant que femme. Elle a ses raisons et ses propres souffrances qui l’ont conduite à se comporter ainsi avec moi. C’est un autre sujet. Depuis un peu plus d’un an, j’ai rencontré quelqu’un qui me correspont, dont je peux dire qu’il est l’homme de ma vie (si cela existe!)quelqu’un d’aimait, respectueux, un compagnon de route idéal pour moi.
      Il me connaissait d’avant comme ne voulant pas d’enfant (c’était un ami avant de devenir mon compagnon) et il me semblait que lui non plus n’en voulait pas. J’ai mis longtemps à lui parler de ce que me faisait vivre les grossesses de certaines de mes copines, de ma soeur. A chaque fois, je ressentais physiquement un coup poing au coeur, un sentiment de liquéfaction et de honte. Et cela m’énervait. En travaillant dessus, je me suis rendue compte que même si avoir un enfant n’est pas une priorité dans ma vie, ni un moyen d’accomplissement personnel, le désir d’enfant se manifestait quand même. Nous en avons parlé avec mon compagnon. Cela a été très éprouvant pour moi, car beaucoup d’émotions très anciennes et réprouvées sont sorties à ce moment là. Des émotions pas forcément négatives, mais que je ne parviens pas encore à nommer. Mon compagnon n’est pas contre avoir des enfants, mais si nous prenons cette décision, il souhaite que nous puissions accueillir et accompagner au mieux un futur être. je suis totalement d’accord avec lui.
      Cependant, notre vie n’est pas stable matériellement, financièrement. Et en fait la question ne se pose pas seulement là. Mais au fond j’ai besoin de prendre une décision tranchée, et je n’y parviens pas.
      je dis souvent que si j’étais plus jeune j’aurai eu plus le temps de laisser murir cette décision. Alors c’est peut être ma voie de rester sans enfants.
      En tout cas, ce blog et tous ces posts me font vraiment du bien. A savoir que la vie sans enfants peut être aussi riche et épanouissante qu’avec enfants. Et cela fait aussi du bien de se sentir reconnue en tant que femme, même sans enfants.

      Reply
  10. Sam 2019/04/16 at 2:10

    J ai 47 ans. Je n ai pas d enfants. J ai une histoire personnelle complexe avec le domaine de la grossesse et le monde de l enfance en général. A 14 ans j ai vécu un IVG… une histoire complexe. Ensuite tout est devenu compliqué. A 35 ans j ai souhaité un enfant. J ai essayé mais mon compagnon de l époque me disait qu’ il était ok alors que non…a 40 ans j ai eu un autre compagnon. De 40 à 46 ans les fausses couches se sont succédées…au final il a fait un enfant a une autre…ainsi me voilà au jour dhuu sans enfants. J ai renoncé. Mais chaque jour qui passe à son lot de situations blessantes. Pas intentionnelle la vie continue. Mais le regard et le jugement des mamans peut être terrible et va vraiment très très loin. Pour certaines aucune situation ni même état de santé n explique le fait de ne pas avoir d enfants. Et pour celles qui en ont fait le choix la sentence est radicale. Dans mon cas c est souvent à cause des traumatismes d enfance. Ou dieu..dieu a jugé que je n en était pas digne…si si au 21eme siècle! Tout est culpabilant. J ai eu un chat il y a deux ans et c est souvent sujet à moquerie et raillerie à peine dissimulée. Mon chat remplace l enfant que je n’ai pas et c est tellement plus facile…d ailleurs tous les pays le disent c est pour éviter d être confronté à un enfant confrontant…donc c est bien la preuve que c est ma personnalité psychologique faible qui fait que j ai un chat et pas un enfant…bref. J aime les enfants bien sûr. A force de vivre dans ce rejet et cette haine et ces jugements de toutes part j en vient à ne plus vouloir de contacts sociaux. Je ne veux plus souffrir du regard injuste des autres. Alors je choisis de vivre seule…je n ai plus de famille tout le monde est mort. Et je n ai pas la mienne. Je sais qu’ on naît et meurt seul et la solitude est un des défis existentiels. Je préfère méditer et m engager dans une forme de spiritualité pour apaiser mon rapport au monde à l humanité et à moi même. Merci pour votre blog

    Reply

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.