J’ai plus de trente ans et je ne suis pas mère

J’ai plus de trente ans, et je ne suis pas mère.

Je ne suis pas mère, pas parce que je n’ai pas d’enfant. En tout cas, pas seulement. Je ne suis pas mère parce que c’est quelque chose que je sens au fond de moi. Je sais, je sens, c’est une évidence : je n’étais pas sur terre pour être mère. Ce n’est pas moi. Ce ne sera jamais moi et ça n’a jamais été moi. J’étais cette petite fille qui ne rêvait que de solitude, d’écriture, d’amour. Mais dans ces rêves et ces projections vers le futur, il n’y avait jamais d’enfant. Depuis que j’ai su parler, je l’ai exprimé. Je ne serai pas mère, je n’étais déjà pas mère.

Je ne suis pas mère, et j’en souffre. Je vois dans les regards autour de moi que l’on guette. On attend le ventre qui s’arrondit, l’annonce de la vie. On me questionne. En couple depuis quinze ans et pas d’enfant ? Mais à quoi bon ? Je suis égoïste. Je ne veux pas le bonheur des autres, d’un autre, de cet être que j’aurai conçu. Je ne veux pas redonner l’amour que j’ai reçu. Je ne veux pas participer au monde. Mon préféré aussi : si mes parents avaient pensé comme moi, je ne serai pas là. Et puis, c’est le destin d’une femme que d’avoir des enfants. On en oublierait presque mon conjoint, à qui personne ne demande rien, qui n’a pas de comptes à rendre.

Je souffre parce que je voudrais être « normale ». Si je ferme les yeux un instant, que j’oublie le monde, je me sens parfaitement normale. Profondément. Il n’y a pas de problème chez moi. Mais si je les ré-ouvre, je vois bien que je ne suis pas dans la norme. Je voudrais disparaître, être invisible. Ne plus être celle à laquelle on pose des questions. « Mais pourquoi pas ? » La femme suspecte. La femme incompréhensible. La femme nullipare, avec ce que ça comporte de mystère inquiétant. On m’accuse de revendiquer un mode de vie solitaire dans une société qui a besoin de partage. On m’accuse de porter les couleurs d’une génération trop rebelle. On m’accuse d’être cette femme carriériste qui en a oublié son humanité. Cette femme froide, vide. Comme si je me résumais à mon ventre.
On m’accuse et je ne reconnais pas cette personne qu’on accable. Je ne porte aucune autre parole que la mienne. Je ne revendique rien. Je ne fais que vivre la vie qui me correspond. Je donne au monde ce que je peux, par mon travail, par mes implications diverses, et je ne veux pas m’en justifier. Je ne suis pas une citoyenne de deuxième choix.

Je souffre de la question intrusive, dans une conversation, cette question banalisée qui me demande pourquoi et qu’accompagne un regard perplexe. Je ne veux pas exposer mon intimité, ma complexité, mes certitudes et mes angoisses. Jamais je ne demande, moi, pourquoi cette personne qui cherche à mettre à jour ma vulnérabilité a voulu des enfants.
Je souffre de la catégorisation, quand les femmes sans enfant sont trop diverses pour être rangées dans cette petite boite de la nulliparité. Les parcours sont tous différents, riches, tortueux, beaux. Les raisons sont multiples. Les besoins aussi. Les couples ont chacun leur chemin ; et ce n’est pas toujours une histoire de couple. Je ne suis pas qu’une femme sans enfant.

Je souffre de devoir expliquer un choix que je ne suis pas sûre, dans mon cas, d’avoir fait. Est-ce vraiment un choix, quand au fond de soi, l’évidence est là ? Je souffre du regard désapprobateur que je sens poindre à cette idée. La moue évocatrice, les yeux qui montent au ciel. Je pourrais expliquer pendant des heures que moi aussi, parfois, je trouve que les grandes familles sont magnifiques. Je pourrais parler de ma terreur de vieillir seule, de n’avoir personne qui tiendra ma main, à la fin. Je pourrais parler de ces angoisses, celles qui me réveillent la nuit. Je pourrais aussi exprimer cette idée que j’ai dû accepter, que je ne laisserai aucun souvenir de mon passage sur terre. Qu’après six mois, tout le monde m’aura oubliée. Que je n’aurai pas d’héritier que je connaisse. Cette solitude existentielle, profonde et fondamentale, je pourrais en parler, mais pas plus l’expliquer rationnellement que lorsque j’essaie d’expliquer le fait que je n’aurai pas d’enfant. Alors, à quoi bon ?

Je souffre de chaque nouvelle naissance, de ce club de mères qui se forme autour de l’expérience commune et qui m’écarte toujours un peu plus. De ces phrases assassines : « on ne sait pas ce que c’est tant qu’on n’a pas d’enfants », alors que l’on se parle d’amour, de fatigue, d’organisation. Suis-je prétentieuse de penser que je sais ce qu’est la fatigue, que je sais ce qu’est aimer, que je tente moi aussi d’organiser un quotidien souvent chargé ? Je souffre dans ces conversations, où chacune raconte son expérience de grossesse et où petit à petit on oublie jusqu’à ma présence.

Je souffre que l’on me dise que je changerai d’avis, parce que c’est comme ça, c’est être une femme, c’est inévitable. Je me sens niée dans ce que je suis, comme si la façon dont je crée ma vie était une lubie. Comme si mon avis, mon ressenti, n’étaient que des paroles en l’air. Comme si on voulait me faire disparaître en tant que moi.

Je souffre d’être celle que l’on harasse, quand on dit plutôt à mon conjoint qu’il a le temps, que ce n’est pas grave, qu’il a raison de profiter de sa vie telle qu’elle est. Comment son chromosome Y peut-il lui donner raison quand mon chromosome X me fait toujours avoir tort ? Pourquoi n’a-t-il pas cette injonction à la justification, quand je suis scrutée, interrogée ?

Chaque jour, une parole blessante, un commentaire maladroit, un regard jugeant me fait me remettre en question. Ne devrais-je pas, moi aussi, juste pour avoir la sensation de ne plus être en marge, avoir un enfant, des enfants peut-être ? Ne serait-il pas profitable pour mon quotidien et surtout, pour la perception que la société en a, de devenir cette mère que tout le monde attend de moi que je sois ?

Et puis cette évidence, cette certitude, que ma place n’est pas là. Elle gronde au fond de moi, m’emplit toute entière et vient me frapper en plein visage, avec plus de force encore. Elle me susurre à l’oreille qu’il faudra supporter la désapprobation, et probablement, un jour, les regards de pitié quand ce sera trop tard pour « changer d’avis ». Mais elle me chuchote aussi que ce n’est pas ma voie que de procréer, que je suis ailleurs. Autre. Que ma place est belle aussi, parce que c’est la mienne. Et que c’est parfait comme ça.

Charlotte

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9 Comments

  1. Lydia 2019/02/07 at 8:04

    Chère Charlotte.
    Votre témoignage est fort et touchant de sensibilité.
    Bravo pour votre force à tenir debout face aux vents et aux tempêtes.
    Bravo pour cette écoute de vous même qui vous permet d’être sur votre chemin de vie, celui qui vous correspond intimement, malgré un environnement jugeant.Vous êtes un exemple de vérité.
    Je ne comprends toujours pas pourquoi une femme sans enfant doit se justifier alors qu’une femme qui fait le choix d’en avoir c’est normal, personne ne lui demande d’expliquer son choix.
    J’espère que vous garderez cette force en vous pour avancer dans cette vie qui est la vôtre en vous rapprochant des personnes bienveillantes qui vous acceptent comme vous êtes… et peut-être en prenant un peu de distance avec les autres.
    Chaleureusement,
    Lydia

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  2. France Masse 2019/02/07 at 10:03

    Bonjour Charlotte,
    Votre souffrance m’a surprise car, comme vous le dites, vous n’êtes pas mère par choix. Je me suis tellement reconnue dans ces lignes : « …parce que c’est quelque chose que je sens au fond de moi…je n’étais pas sur terre pour être mère…Ce n’est pas moi…J’étais cette petite fille qui ne rêvait que de solitude et dans ces rêves et ces projections vers le futur, il n’y avait jamais d’enfant. Depuis que j’ai su parler, je l’ai exprimé.»
    J’ai 70 ans, je n’ai pas eu d’enfant, j’ai déclaré ce choix à ma mère à l’âge de 12-13 ans et dans la même foulée, j’ai également déclaré ne pas aspirer au mariage. J’ai respecté ces choix toute ma vie.
    Et quand j’ai fait face aux gens surpris, je ne leur laissais pas le temps d’envahir mon esprit avec leurs impressions. Je m’affirmais : «non, je n’en ai pas par choix. Je n’ai pas la fibre maternelle et je ne veux pas mettre des enfants dans un monde pour en faire des enfants malheureux.» Encore aujourd’hui lorsque la question «êtes-vous grand-maman» surgit, je maintiens le cap.
    Et jamais au cours de ma vie, pas une seule seconde, je n’ai regretté cette décision. Au contraire, ce que j’ai pu observer sur les relations parents-enfants autour de moi m’a conforté dans ce choix.
    En 2020, les parents qui ont eu des enfants pour veiller sur eux quand ils seront âgés doivent s’en mordre les doigts. C’est eux qui veillent sur leurs enfants jusqu’à la fin de leur vie.

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  3. .Amélie 2019/03/05 at 2:13

    Bonjour Charlotte !
    Merci d’avoir partagé avec nous votre ressenti. Vous avez raison de rester fidèle à vous-même et de ne pas laisser l’opinion d’autrui vous piétiner. Surtout ne vous laissez pas déconsidérer et continuez de vivre votre existence comme vous l’entendez.
    Les femmes qui désirent des enfants sont bien certaines de ce qu’elles souhaitent alors pourquoi pas celles qui n’en désirent pas ne le seraient-elles pas ? Les gens partent naturellement du principe que quand on est une femme on aura des enfants, ce qui est fatigant voire exaspérant.
    J’ai dépassé la trentaine de peu et comprends votre ressenti. Je suis très heureuse pour mes amies mères de famille mais n’éprouve pas la moindre envie de maternité. Je ne suis pas faite pour ça, voilà tout. Il existe mille et une manières formidables de participer au bien-être de la société !
    Bonne continuation à vous et à toutes, avec ou sans enfants, mariées ou non ! 😉

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  4. Sophia 2019/03/29 at 8:39

    Merci Charlotte, Amélie et France, car voir ces témoignages me rassure sur le fait que je ne suis pas toute seule. Pour ma part j’ai souvent pensé que plus tard, l’envie d’avoir des enfants viendrait, peut-être. En attendant; je n’avais pas envie d’avoir d’enfants, et j’ai parfois été blessée par les réactions de mes amis lorsqu’on en a parlé. On m’a dit que j’étais égoïste ! Je ne comprends toujours pas cette remarque, faire des enfants est pour moi tout aussi égoïste que de ne pas en faire; comme toute décision que l’on fait pour son propre bien-être, c’est égoïste.
    Aujourd’hui j’ai 29 ans et je me rends compte que je suis devenue l’adulte que je voulais être, que je ne suis plus en transition entre la fin de l’adolescence et la vie d’adulte un peu mûr. Je désire ne pas avoir d’enfants; et c’est probablement définitif. Je n’ai pas peur de changer d’avis quand c’est « trop tard » biologiquement, car si un jour je ressens ce besoin de fonder une famille, il n’y a pas que la maternité pour y parvenir. Mais je crois que je ne changerai pas d’avis. C’est assez nouveau pour moi, d’avoir découvert que je ne changerai probablement pas d’avis. Mes amis sont presque tous en train de fonder des familles autour de moi et je suis heureuse pour eux et j’adore passer du temps avec leurs enfants, mais ces expériences n’ont fait que me conforter dans mon choix; ou devrais-je dire dans mon sentiment. Vraiment, je ne veux pas de cela pour moi. Pas maintenant, pas dans 10 ans. J’étais vraiment tendue lorsque je l’ai annoncé à ma mère. Mais j’ai une mère formidable, qui s’est prouvée à la hauteur, comme toujours. Elle n’avait presque pas l’air surpris; comme si elle savait déjà que je n’en voulais pas. Et ma mère m’a toujours soutenue dans tous mes choix. Maintenant, il me reste qu’à avoir une conversation bien sérieuse avec mon partenaire, et j’ai peur que cette discussion provoque une rupture. J’ai déjà dit que je ne voulais pas d’enfants; et lui non plus n’en veut pas maintenant. La différence entre nous c’est qu’il pense changer d’avis à un moment; ou en tout cas il pense qu’il veut être père à un moment dans sa vie, et qu’il n’est juste pas prêt pour cela maintenant. Mais continuer à faire l’autruche sur ce sujet ne fera que plus de mal que de bien; c’est un sujet sur lequel un couple doit être en harmonie pour pouvoir exister… En tous les cas, grâce à vos témoignages je suis rassurée sur le fait que je ne suis pas un ovni; que je n’ai pas un problème à régler chez moi. Et que je n’ai pas à avoir honte de cette décision…

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  5. Amélie 2019/05/24 at 12:57

    Hé non, vous n’êtes ni un OVNI ni une égoïste, Sophia !! Certains se pensent peut-être moins égoïstes parce qu’ils se cachent derrière la présence de leurs enfants. Pourtant avoir des enfants ou ne pas en avoir ne relève pas de l’égoïsme. On peut par exemple être très généreux et n’avoir pas d’enfants. 🙂 Certains ont encore du travail à effectuer pour briser les préjugés, pfiouh !
    Ce qui compte, c’est d’être heureux et de rendre les autres heureux, de se trouver pour être en accord avec soi et savoir au plus profond ce que l’on souhaite vraiment.
    Votre maman a compris votre choix de vie, vous savez que vous avez là un soutien indéfectible, quoi qu’il advienne.
    Il est vrai qu’il n’est pas facile d’aborder le sujet lorsqu’on est en couple et que les avis divergent mais tant que vous restez honnête envers vous-même et envers votre partenaire, que vous lui présentez les choses clairement, vous n’avez rien à vous reprocher.
    Les choses évoluent petit à petit, on ne peut qu’espérer une meilleure reconnaissance de la non maternité. 🙂 Il y a certainement davantage de gens sans enfants qu’on ne le pense mais certains n’osent probablement pas sortir de l’ombre et ne savent pas vers qui / quoi se tourner.
    Bonne continuation à vous et gardez la tête haute ; de belles choses vous attendent encore.

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  6. aurélie 2019/07/05 at 7:41

    Bonjour à toutes et surtout merci!
    … merci d’avoir enfin un écho à ce que je ressens et de m’apercevoir que je ne suis pas totalement en marge!
    Pour ma part, je n’ai jamais été attirée par les enfants et surtout pas par les bébés. J’avoue, depuis toute petite, je suis plus à l’aise seule ou avec des animaux qu’avec mes semblables et je me suis très tôt dit que je n’aurais pas d’enfants. Je vous passe les commentaires de l’entourage, de plus en plus présents au fur et à mesure du temps, comme quoi « je changerai d’avis »… Alors oui, j’ai un peu évolué et me suis dit que je laisserais faire les choses et que si je devais avoir un enfant cela viendrait tout seul. J’ai également mieux cerné ce que je refusais: être enceinte, me sentir mal à l’aise dans mon corps et ne pas savoir dans quelle mesure je me reconnaitrai après la naissance… et surtout l’accouchement; une peur panique de ce moment imaginé et épouvantable!
    A 37 ans, j’ai (enfin!) rencontré quelqu’un sur lequel je puisse compter et suis tombée enceinte au bout de 3 mois. Je n’ai pas gardé le bébé car j’estimais que c’était trop tôt dans notre relation.
    Aujourd’hui j’ai 45 ans et 2 fausses couches récentes: diagnostic: « vos ovaires ne fonctionnent plus bien, vous n’aurez pas d’enfants ». J’avoue que ça m’a fait un choc. C’est tout à fait différent de se dire que l’enfant viendra ou non, mais là, c’est la possibilité de choix qui s’efface et également le fait de vous dire que maintenant, vous faites partie des « vieilles »… et que cela ne va pas aller en s’arrangeant! C’est d’autant plus compliqué que physiquement on me donne en gros 10 ans de moins que mon âge et bien sûr, je continue de recevoir continuellement des réflexions.
    Donc je fais partie de ces femmes qui donnent continuellement leur âge réel alors que d’autres passent leur temps à le cacher 😉
    Je suis pour le moment dans une mauvaise période, un peu déprimée, mais je sais que cela va passer; il me faut du temps et j’essaie de me recentrer sur mon prochain mariage!
    Mon conjoint ne le prend pas mal, je l’avais prévenu quand nous nous sommes rencontrés que je ne voulais pas spécialement d’enfant, mais c’est certainement plus facile à accepter de la part d’un homme, il ne s’agit pas de son corps.
    Petite mise en garde que je m’envoie à moi-même « fais attention à ce que tu souhaites, cela pourrait bien t’arriver! »
    Alors si vous avez des conseils dans ces moments de doute, je suis preneuse de toute idée qui me permette d’avancer et souhaite également bon courage à celles qui traversent les mêmes soucis.

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  7. Bea 2019/12/13 at 5:25

    Jamais je n’avais envisager que quelqu’un qui décide choisit ou pour qui c’est simplement une évidence puisse en souffrir. Assumer son choix face à la société c’est un combat de tous les jours. Courage. Et un grand merci pour votre témoignage.

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  8. Émélie 2020/04/28 at 7:19

    Merci pour ces témoignages, celui de Charlotte comme celui des femmes qui par leur commentaire ont témoigné à leur tour. Comme d’autres, j’ai su très jeune que je ne voudrais pas d’enfants et que je ne changerais pas d’avis. Même si mon père adore les enfants et ne peut imaginer que ceux-ci m’indiffèrent (surtout lorsqu’ils ne sont pas encore en âge de parler), mes parents et mon frère ont toujours respecté ma décision sans me juger. Par contre, les remarques blessantes que j’entends et que je lis constamment à l’égard des femmes sans enfants me fâchent de plus en plus. Peut-on nous laisser vivre? Pendant 10 ans, j’ai dû endurer le regard perplexe de mes ex-beaux-parents, les écouter me dire encore et encore à quel point avoir et élever leurs enfants avaient été le plus grand bonheur de leur vie et leur expliquer encore et encore mon non désir d’avoir des enfants. Mon ex-conjoint a même finalement succombé à la pression et a rompu après 10 ans de vie commune sous prétexte qu’il voulait désormais des enfants et qu’il ne voulait pas mourir seul. Aujourd’hui, j’ai un nouveau conjoint et j’ai mis carte sur table comme je l’ai toujours fait avec mes conjoints précédents. Même s’il me dit qu’il ne veut pas d’enfants non plus, je ne peux plus avoir la certitude qu’il ne cherche pas seulement à gagner du temps dans l’espoir que je vais changer d’avis. C’est une peur que je ne connaissais pas avant et que je tente d’apprivoiser… Au travail, j’essaie aussi de ne pas me fâcher lorsque les parents ont des privilèges que je n’ai pas (quitter le travail plus tôt pour aller chercher les enfants, travailler de la maison parce que leur enfant est malade, etc.). Dans tous les cas, je suis heureuse d’avoir trouvé ce site et de pouvoir m’y retrouver, car je me sens constamment mise à l’écart de la société comme FSE.

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  9. Leslie 2021/05/16 at 7:57

    Bonjour à toutes,

    Je vais bientôt avec 29 ans, et je suis en couple depuis 6 ans avec mon conjoint dont le rêve ultime est de fondé une famille. Je n’ai jamais été « dingue » de l’idée d’être mère, mais je pensais en avoir envie quand même. Il y a quelques temps, j’ai réalisé que non, je ne veux pas d’enfant. Je l’ai compris en voyant mes amis devenir parents, ou en avoir envie, et s’enthousiasmer sur la question. J’adore les enfants de mes amis, et je trouve les relations mère-enfant que j’observe très belle, mais ce n’est pas pour moi. Je crois que quand je me projetais mère, ce n’étais pas pour moi que je le faisais, mais par amour pour mon conjoint qui lui en avait tellement envie. Seulement, aujourd’hui, avec cette certitude qui m’habitue, impossible de l’envisager. Alors nous en avons parlé, il ne comprend pas, me demande pourquoi. Je n’ai pas de raison : comment expliquer ce que je ne veux pas ? Ma vie me plaît, me suffit, et c’est tout. Donc je vis une période assez difficile. Je cherche des témoignages, et tout ce que je lis me conforte dans mon idée. Je sais que je vais me heurter à une société en désaccord avec mon choix, et je me sens prête, parce que je suis en paix avec ma décision. Et en même temps, ce sentiment provoquera sûrement la fin d’une très belle histoire d’amour, et ça fait peur. Cependant, voilà : qui suis-je pour imposer mon non-désir d’enfant à un homme, alors que je refuse qu’il m’impose son désir d’enfant ?

    Quoi qu’il en soit, merci pour vos témoignages. Je m’entends dans vos récits, et c’est un soulagement de se savoir « entourée ».

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