Magenta Baribeau: une cinéaste québécoise engagée,sans enfant par choix.

Bande-annonce de Maman? Non merci! / Trailer for No Kids For Me, Thanks! from Magenta Baribeau on Vimeo.

Magenta Baribeau est une documentariste québécoise de 36 ans et auteure du blogue « Maman ?Non merci! ». Elle s’est dédiée pendant près de 10 ans à la réalisation d’un documentaire au sujet des femmes et des hommes sans enfant par choix.

Pour voir le film de partout dans le monde, c’est ici!

Au Canada, on peut visionner aussi le film sur Unis TV :
– 12 novembre à 21 h
– 14 novembre à 12 h 30 et 1 h 30
– 18 novembre à 14 h 30

Pour tous les détails concernant la projection du film à Montréal le 27 novembre 2018, sélectionnez, c’est ici!

1- Magenta, qu’est-ce qui vous a poussé à réaliser un documentaire sur les femmes sans enfant par choix?

En 2008, à l’âge de 30 ans, je me préparais à partir pour l’Afrique. Le besoin de prendre parole au nom des couples sans enfant par choix est apparu suite à une discussion avec une infirmière de la clinique des voyageurs, lors d’un rendez-vous où l’on devait m’administer mes vaccins. L’infirmière m’a à ce moment mise en garde qu’un des vaccins qu’elle s’apprêtait à m’injecter pouvait causer la stérilité. Voici la suite de la conversation:

– C’est pas grave, je ne veux pas d’enfant.

– Tu peux pas dire ça, t’es jeune, tu vas changer d’avis.

-Euh…non!

J’était furieuse! Comment une femme qui me connaît à peine pouvait-elle mettre en doute la validité de mon choix et m’infantiliser de la sorte. Il n’en faillait pas plus pour me donner envie de prendre parole en réalisant un documentaire sur le sujet , tourné en France, en Belgique et au Canada.  Je crois  qu’il est grand temps qu’on respecte le non-désir de procréer des femmes « childfree ».

2- Avez-vous déjà éprouvé un désir d’enfanter?

Jamais. Ça ne m’a tout simplement jamais interpelée. J’ai d’ailleurs la chance d’avoir une famille  où les femmes ont toujours eu la liberté de faire ce choix. De plus, je n’ai jamais particulièrement été intéressée par les enfants. Il y en a très peu dans mon entourage et cela ne me manque pas.

3- Que répondez-vous aux gens qui vous dépeignent comme une carriériste?

Je m’oppose farouchement à cette description. C’est un mythe que je tente de déboulonner dans mon film. Mon choix de carrière n’a tout simplement aucun lien avec ma décision de ne pas procréer.

4-Quels sont les préjugés les plus tenaces selon vous à l’égard des femmes sans enfant par choix?

Que nous sommes des êtres fondamentalement égoïstes. Cela laisse sous-entendre que parce qu’on n’a pas procréé, on reste des éternels enfants aux yeux de la société! Ça ne pourrait pas être plus faux. Notre choix est justement réfléchi et loin d’être spontané et hormonal.

Beaucoup de personnes sont également convaincues que nous changerons d’idée.  Je me demande combien d’années encore continuera-t-on à nous dire cela? Durant le tournage de mon documentaire, certaines femmes m’ont  avoué  n’avoir été crues dans leur choix de ne pas enfanter qu’à partir de la ménopause!

J’ai également constaté qu’en France, affirmer que l’on est sans enfant par choix est encore plus mal perçu qu’au Québec. Les politiques et la mentalité pro-natalistes en sont la preuve.

5-Que pensez-vous de l’absence des femmes sans enfant dans la sphère médiatique?

Je trouve cela très troublant de voir les vies des femmes sans enfant si peu représentées dans les téléséries, les films et les livres. C’est la preuve que c’est un sujet encore très tabou. Et malheureusement les rares fois où on montre de tels personnages, c’est en les représentant comme des monstres anti-enfant ou des femmes qui n’arrivent pas à s’épanouir ce qui ne fait qu’ajouter de l’huile sur le feu et propager les stéréotypes.

5-  Enfin, avez-vous réussi à obtenir du financement gouvernemental pour réaliser votre documentaire?

Je n’ai réussi à obtenir aucun financement des instances gouvernementales. Mon sujet était, selon eux,  beaucoup trop controversé. Je me suis donc résolue à vendre mon appartement et à faire du  socio-financement pour défrayer les coûts de la production.

Il est d’ailleurs encore possible de me soutenir financièrement dans la post- production ( montage) de mon documentaire Maman? Non merci!, en sélectionnant l’onglet faire un don.

Merci Magenta et bonne chance dans l’achèvement de votre projet!

Catherine-Emmanuelle

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5 Comments

  1. Nhafra 2014/11/30 at 3:58

    Un beau témoignage et qui devrait être diffusé ! Bon courage.

    Reply
    1. Catherine-Emmanuelle Delisle 2014/12/01 at 5:21

      Bonjour Nahfra,

      Merci de votre message. Je vous encourage à visiter ma page Facebook « Femme sans enfant » et à partager cet article.

      Merci de me lire!

      Catherine-Emmanuelle

      Reply
  2. Anjolique 2014/12/10 at 4:12

    C’est vrai que les stéréotypes de la femme sans enfant persistent dans la culture populaire et ils sont rarement flatteurs. Je m’oppose aussi à cette dichotomie entre la mère de famille et la femme carriériste. Il y a tellement de nuances et de possibilités entre ces deux modèles : pourquoi se limiter à l’un ou à l’autre quand on peut célébrer la belle diversité qui existe dans notre société ?

    Enfin, je dois reconnaître que l’infantilisation est de loin le type de commentaire que j’ai le plus souvent entendu après avoir mentionné ne pas avoir d’enfant ou ne pas en vouloir. Cela peut aller d’une remarque sur mon âge à un commentaire sur mon statut d’étudiante ou de travailleuse, jusqu’à des présomptions éhontées par rapport à mes finances. Je rajouterai également à ce tableau les remarques par rapport à mon conjoint, qui sont de l’ordre de :  »tu verras, quand tu auras trouvé le bon ». C’est très blessant, car j’en ai un conjoint et c’est avec lui que je fais ma vie. Il n’appartient qu’à moi de déterminer s’il est ‘le bon’. Il est étonnant que des étrangers puissent à se point s’ingérer dans des sujets aussi personnels pour lesquels leur opinion n’a jamais été sollicitée. Et ces gens ne semblent pas se soucier si au passage, leurs paroles heurtent les sentiments de personnes qui voudraient bien avoir des enfants, mais ne le peuvent pas. Je pense que c’est pour ces gens-là qu’on doit continuer à donner une visibilité à la non-parentalité, mais pas juste en tant que choix. Ne pas oublier ceux pour qui cela s’est imposé dans leur vie contre leur volonté, et que de telles paroles et de telles attitudes paternalistes ou moralisatrices peuvent blesser, davantage qu’elles ne me blessent moi-même.

    Reply
  3. Julie Cloutier 2015/05/28 at 9:23

    Merci pour ce témoignage. Je suis vraiment contente d’avoir découvert ce blogue qui ne regroupe pas que les femmes sans enfant par choix et celles qui ne l’ont pas choisi dans 2 catégories séparée. Il est vrai qu’il existe certains tabous et pré-jugés face aux femmes sans enfants. C’est vraiment bien de trouver une ressource ou on peut en parler et prendre connaissance du vécu d’autres personnes vis-à-vis cela.

    Reply
    1. Catherine-Emmanuelle Delisle 2015/06/07 at 12:29

      Chère Julie!

      Merci de ce commentaire encourageant.J’espère que mon site saura répondre à vos besoins et questionnements.

      Au plaisir de se rencontrer!

      Catherine-Emmanuelle xo

      Reply

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