Sympathie ou empathie face à l’infertilité?

Tiré d’un entretien donné par la docteur, chercheuse, auteure et conférencière Brené Brown à la RSA 

( Royal Society for the Encouragement of Arts, Manufactures and Commerce ). (1)

 

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Brené Brown s’intéresse aux concepts de vulnérabilité, de courage, d’estime de soi et de honte.

Tout d’abord, selon Brené Brown, il est essentiel de distinguer la différence entre la sympathie et l’empathie.

La sympathie, selon la conférencière, est la capacité qu’a une personne d’éprouver des sentiments réconfortants pour l’autre.

 

“…Penchant naturel, spontané qui porte deux personnes l’une vers l’autre. Participation à la joie ou à la douleur, sentiment de bienveillance…”(2)

L’empathie, encore selon la conférencière, est la capacité de ressentir les sentiments avec l’autre.

“…Faculté intuitive de se mettre à la place d’autrui, de percevoir ce qu’il ressent…”(3)

Alors, est-il plus aidant de faire preuve de sympathie ou d’empathie envers les personnes confrontées à des problèmes de fertilité?

 

Afin de répondre à cette délicate question, Brené Brown se réfère aux écrits de Theresa Wiseman, infirmière anglaise , enseignante, chercheuse et détentrice d’un baccalauréat en Sciences et en Psychologie. Cette dernière stipule sans hésiter qu’adopter une attitude emphatique face à la situation d’une personne touchée par l’infertilité peut être déterminant. En effet, Wiseman fait état de quatre étapes essentielles afin d’y parvenir:

 

1- Ne pas juger l’autre

2-Tenter de voir la situation avec la même perspective que l’autre.

3- Identifier l’émotion que vit l’autre.

4-Lui communiquer que l’on a bien compris ce qu’il ou ce qu’elle a voulu dire.

 

Vers la fin de la conférence, Brené Brown porte notre attention sur un fait troublant: d’après les interviews qu’elle a menées à travers les années, c’est pour les personnes ayant des problèmes de fertilité que la population en général aurait le moins d’empathie.

 

Ce qui explique en partie, selon moi, pourquoi tant de femmes incapables de procréer se sentent souvent isolées, différentes, ou incapables de s’identifier aux autres femmes, les mères.

 

Bien évidemment, l’entourage de la personne touchée par l’infertilité peut jouer un rôle déterminant en étant plus empathique. Toutefois, selon Brené Brown, la plus grande responsabilité incombe à la personne affectée.

 

Toujours selon la chercheuse, la première étape à franchir pour les femmes touchées consiste à être en mesure de parler de ce qu’elles vivent. En fait, ce n’est souvent qu’après avoir fait un certain cheminement que les sujets peuvent arriver enfin à parler de leur situation.

 

Deuxièmement, Brené Brown explique que pour arriver à se libérer des sentiments de honte et à marcher sur le chemin de la résilience face à l’infertilité, il est primordial pour les femmes et les hommes d’arriver à verbaliser leurs besoins auprès de leur entourage. La conférencière suggère une courte marche à suivre aux gens affectés:

 

Rédigez, sous forme de lettre, vos besoins concrets aux gens les plus importants de votre vie. Il est nécessaire de:

 

1-Expliquer  comment vous vous sentez actuellement par rapport à vos problèmes de fertilité.

2- Nommer clairement vos besoins ( ex: écoute, distraction, conseils).

3- Mentionner quelles paroles ou quels gestes sont aidant ou non dans votre situation.

4-Préciser concrètement ce que le mot “soutien” signifie pour vous.

 

En faisant cela, Brené Brown croit que l’entourage des gens affectés par l’infertilité sera plus en mesure de les soutenir adéquatement.

 

Qui sait, en plus d’être sympathiques, elles arriveront peut-être à devenir des personnes plus empathiques envers les autres en général.

 

Catherine-Emmanuelle Delisle

 

Références:

1. Brown, Brené. 2013. “The Power of Vulnerability“. RSA ( Londres, 4 juillet 2013).

2. Dictionnaire encyclopédique Larousse ( 1994). Le petit Larousse Illustré. Paris, France, p980.

3. Dictionnaire encyclopédique Larousse ( 1994). Le petit Larousse Illustré. Paris, France, p381.