17 septembre: Lettres intimes : se pardonner

En cette journée, le pardon sera au coeur de notre réflexion. Le pardon qu’on s’offre comme cadeau à soi-même en lien avec notre cheminement. Voici le texte émouvant de Caroline, de Lyon en France.


«Oh ma fille, si elle veut quelque chose, elle l’obtient toujours…

 

Alors si elle veut des enfants, elle en aura »….dixit une collègue lors d’une conversation à la cantine, il y a 2 semaines….

 

Mais alors…Et moi ? Je ne suis pas mère parce que je ne l’ai pas assez voulu ????

 

Je me pardonne…d’en vouloir à cette personne (et à beaucoup d’autres) de croire que dans ce domaine, tout est toujours possible.

Je me pardonne…de ne pas avoir fait de bons choix de partenaires.

Je me pardonne…d’avoir cru que j’avais le temps.

Je me pardonne…d’être restée dans des relations où j’étais malheureuse et d’avoir perdu de précieuses années.

Je me pardonne…d’avoir fait une fausse couche à 5 semaines au beau milieu d’une tempête conjugale.

Je me pardonne…d’avoir voulu être mère à tout prix et de m’être infligé des traitements, des piqures, des cachets pour devenir mère, alors même que ma relation était catastrophique.

Je me pardonne…de ne pas avoir franchi le pas de la FIV en célibataire par peur d’affronter les traitements à nouveau toute seule.

Je me pardonne…d’avoir eu parfois envie de ne pas avoir d’enfant pour garder ma liberté, ne pas avoir de contraintes, continuer à voyager.

Je me pardonne…d’avoir pensé parfois, que si je n’ai pas d’enfant, c’est que j’avais un autre dessein (mais lequel ?)

Je me pardonne…de ne pas avoir eu le courage d’envisager l’adoption.

Je me pardonne…le fait que ma grossesse inespérée de cet été, ma dernière chance d’être mère, se soit arrêtée à 7 semaines.

Je me pardonne…d’avoir 44 ans et de parfois penser que c’est encore possible.

Je me pardonne…de regarder les femmes enceintes avec jalousie.

Je me pardonne…de détester les femmes qui disent « profite de ne pas avoir d’enfants, c’est du boulot tu sais ! »

 

Je pardonne…à mes parents d’être obnubilés par leurs petits-enfants et de me donner parfois l’impression que je n’existe pas puisque je ne leur en ai pas donné.

Je pardonne…à la société de croire que sans enfant, on n’est pas important.

Je pardonne…à beaucoup de penser que si on n’a pas d’enfant, c’est parce qu’on n’en n’a pas vraiment voulu.

 

Je pardonne…en tous cas j’essaie…je veux pardonner…je veux me pardonner…

 

Caroline de Lyon, en France