WCW 2019: La célébration de la vie après la PMA!

21 septembre: Célébrons notre valeur!

Le doute de soi:  c’est un état qui peut être difficile à accepter au quotidien. C’est indéniable: nous sommes souvent notre pire critique!  Être sans enfant quand ce n’est pas un choix peut nous amener à douter de notre propre valeur dans la société actuelle. Qu’avez-vous découvert de surprenant ou d’extraordinaire sur vous-même à travers votre trajectoire de non-maternité? Est-ce qu’une autre personne vous a accompagnée ou inspirée dans votre quête du sens de votre vie? Je vous présente le texte que m’a fait parvenir la courageuse et résiliente Élodie à ce sujet!


Je me présente, je suis une femme de 38 ans maintenant, mariée à un bel homme de 35 ans .

Quand j’ai recontré celui qui allait devenir mon mari, j ai su que je voulais fonder une famille avec lui. Mais je savais que ce ne serait pas facile à cause d’une infertilité inexpliquée, mot bien barbare quand on veut comprendre pourquoi on est ainsi … Cette absence de cause m ‘a souvent mise en colère car comment comprendre ce qu’on ignore!Et finalement, le temps a fait son oeuvre. Mais c’ est ensemble que nous avons affronté les terribles montagnes russes de la PMA( procréation médicalement assistée) durant 10 ans. Au fond de moi, je savais que ça fonctionnerait pas, un fort pressentiment. J’avais raison: la parentalité s’ est éloignée de nous mais cela nous a rendu plus solidaires, complices, nous donnant l ‘un a l ‘autre force quand on en avait besoin. Aujourd’hui, je l ‘ai accepté: j’ai fait le deuil de cette maternité. Mon partenaire dans la vie a toujours été là, mon plus grand soutien, empathique et se montrant toujours plus fort que moi lorsque je faiblissais, et joyeux. On rencontre de belles personnes dans les parcours de PMA que ce soit des patients ou des employés de centres de PMA . Je sais aujourd’hui que j’ étais  blessée par mon infertilité. Mais j ‘ai découvert une force étonnante en moi. Je me suis rendue compte qu ‘en fait, j’ avais un gros coeur, un coeur imparfait qui est plein de cicatrices mais un bien joli coeur! Je m’ en suis rendue compte lorsque ma meilleure amie m’ annonça terrifiée qu’ elle était enceinte, elle qui ne se voyait pas mère. J’ai décidé d’aider mon amie à accepter sa grossesse et notre amitié s’ est encore plus renforcée. Oui, je ne peux pas nier que je l’ai pensé: pourquoi je ne suis pas mère alors que je le désire tellement et que mon amie tombe enceinte sous pilule alors qu’ elle ne voulait pas d’ enfant. Elle même n’ a pas arreté de me le dire que c’ etait pas juste. Mais au fond,  qu’ est- ce qui est juste et qu’ est- ce qui ne l’ est pas? Quand mon amie a accepté sa grossesse, j’étais ravie et le jour ou sa petite fille est venue au monde, j’ étais une des premières à venir la voir à son retour de la maternité . Depuis, sa fille et moi avons un lien de coeur indéfectible. Je suis devenue une tatie sans aucun lien de parenté oui ,mais sa tatie! J’ai senti que mon coeur plein de cicatrices est plein de surprises et qu ‘il a encore beaucoup de place pour aimer et qu’ il serait bien dommage de ne pas tout remplir. Alors, désormais, au lieux de pleurer, je préfère sentir que mon coeur se rempli de joie et d’ amour. Ma vie a changé quand j ai accepté que je ne pouvais pas lutter contre l’ infertilité malgré ma pugnacité alors oui, on aura pas d’ enfants mais cela ne signifie pas que la vie est nulle, bien au contraire. J’ai découvert de nouvelles passions, de nouveaux projets, en fait, des tas de nouveaux projets: un vrai régal! Aujourdhui je suis sereine, apaisée de mon infertilité. Lors de nos parcours PMA, nous n’ avions pas le désir d’ informer nos proches parents de notre lutte et des échecs successifs, car nous avions du mal à les accepter nous- même. Mais vers la fin de notre parcours, nous les avons informés que cela serait bientôt terminé et qu’ il était fort probable que nous ne soyons pas parents. Eux, ont fait le deuil de petits enfants, avec beaucoup de compréhension et de coeur plein d’ amour. Ils nous on entouré de leur soutien et oui :on est pas seul. Nous sommes plus fort ,tous, depuis la PMA. Ce qui me rend fière c’ est de les voir communiquer sur l’ infertilité avec une belle douceur, pas de colère. Si tous le monde pouvait être comme eux, il y aurait sans doute moins de pression sur la parentalité et le monde changerait un peu. Dans mon entourage, l’ infertilité, sterilité n ‘est pas un sujet tabou, bien au contraire. Il faut en parler car ça fait partie de la vie. Je suis fière que mon entourage en parle. Un des enfants d’ une amie a demandé pourquoi j’ avais pas de bébé car il aurait aimé d ‘autre copains pour jouer. Avec des mots simples, sa maman lui a expliqué que parfois, même les gens très amoureux n’ y arrivent pas. Ce petit garçon a eu une réaction que j’ aimerais qui se généralise au monde entier: il est venu près de moi et j’ ai hérité d’ un bisou avec des mots qui font ma joie du quotidien : “…Ben moi je t’ aime aussi fort que j’ aime ma maman et mon papa!…”

Je vous remercie pour votre appel car écrire ces mots m’a fait très plaisir et si partager mon expérience peut aider d’ autres femmes, c’est formidable! Merci à vous.

Amicalement,

Élodie


Merci Élodie pour ce lumineux partage!

Catherine-Emmanuelle xo