WCW 2019: Tenter d’exister autour du vide

 

21 septembre: Célébrons notre valeur!

Le doute de soi:  c’est un état qui peut être difficile à accepter au quotidien. C’est indéniable: nous sommes souvent notre pire critique!  Être sans enfant quand ce n’est pas un choix peut nous amener à douter de notre propre valeur dans la société actuelle. Qu’avez-vous découvert de surprenant ou d’extraordinaire sur vous-même à travers votre trajectoire de non-maternité? Est-ce qu’une autre personne vous a accompagnée ou inspirée dans votre quête du sens de votre vie? Voici le témoignage de Nathalie.


J’aimerais savoir qui vous a accompagnée sur la route de la non-maternité:

Si, être accompagnée, c’est avoir une sorte de pont fictif pour marcher au-dessus d’un triangle des bermudes; parfois un et un seul ami croise mes yeux posés sur les enfants des autres et ses yeux me disent qu’il sait que je suis dans cette douleur qui me laisse noyée dans l’inefable. Le souffle tranchant de cette poussée d’instinct maternel navré et corosif, mon ami m’a vu le pleurer, ce deuil; et cela lui a laissé une idée approximative mais claire de la mesure de cette douleur.

Mais je n’ai aucun accompagnement dans ma langue maternelle, sinon votre groupe trouvé récemment.

Mes amies françaises me savent ‘souffrante’, mais c’est un sujet qui s’émiette dès les premières syllabes. Non-mère et non-accompagnée, c’est ce que je suis comme une petite fille très seule sans son souhait le plus cher: être mère.

Comment cela fait une différence dans votre vie?

J’existe trop autour de ce vide, de cette éfluve de souvenirs, d’une vie que m’a faite inapte à adopter ( seule et sauvée par une grêffe osseuse), inapte à mettre au monde (suite à ces traitements lourds) et inapte à trouver la solution pour vivre un amour maternel qui existe en moi et malgrè moi. J’étouffe dans ce désert de sable trop fin me laissant les horizons morts, ce mirage délirium au-dessus de toute jeune vie que je croise.

Qu’avez-vous découvert d’extraordinaire sur vous à travers cette épreuve?

Je n’ai encore rien découvert, sinon parfois une terreur du viel âge entourée de mères devenues grand-mères. Surtout quand chaque soir et chaque matin, aucune voix ne m’aura dit ‘maman’ ou  ‘mami’.

 

Nathalie