J’ai tué une branche de l’arbre, et ça me fout le bourdon.
Ma vie est le plus souvent douce et bien remplie. En vérité, je ne me sens pas souvent seule.
Presque jamais.
Pourtant, quand j’imagine mon arbre généalogique, oui là, je pourrais pleurer.
Un arbre généalogique, c’est bête, c’est con, on n’en voit (presque) jamais.
Pourtant, cet arbre, il me rend triste.
Je ne suis pas mariée, donc il n’y a pas de petit trait-branche à côté de moi qui pourrait me relier à mon mari/ma femme.
Il n’y a pas non plus de trait-branche au-dessous de moi.
Pas d’enfant, donc le dessin s’arrête là.
C’est clair, j’ai tué une branche de l’arbre.
Comment va-t-il continuer à pousser ?
Va-t-il pouvoir fleurir avec cette branche en moins ?
Malgré un travail de deuil lucide et courageux, une vie remplie d’amour, tous ces enfants (des autres) qui m’aiment et que j’aime, je n’y peux rien, l’arbre généalogique me fait encore sentir triste et coupable.
Désolée, j’aurais voulu, mais ce n’est pas arrivé.
L’arbre est donc bancal, il penche de l’autre côté à cause de moi.
Pourvu qu’il rejoigne une belle forêt et pousse heureux quand même !
Tendrement,
Amanda