Entrevue 11 :Voici une jeune femme de 34 ans sans enfant par choix.

Caroline, 34 ans,  auparavant sans enfants par circonstances de la vie et maintenant par choix.

 

1-Caroline, qu’est-ce qui vous pousse, à 34 ans, à faire le choix conscient et assumé de ne pas avoir d’enfants ?

 

Plusieurs raisons :

 

Tout d’abord, je n’ai pas rencontré l’homme avec qui j’aurais pu avoir des enfants.

 

Ensuite, je constate en regardant mes amies devenir mère, l’ampleur de leur tâche. Je ne suis pas certaine d’avoir les ressources nécessaires (familiales et personnelles) pour faire face à un tel défi. Il faut aussi bénéficier de moyens financiers suffisants pour subvenir adéquatement à l’épanouissement d’un enfant .

 

Aussi, j’ai grandi dans une famille où régnait beaucoup de discorde. La relation entre mon père et ma mère n’était pas au beau fixe. Ma mère, qui est maintenant décédée, était une femme colérique, impulsive et souvent dépassée par l’ampleur de ses tâches familiales.  Je ne peux m’empêcher d’avoir la crainte de reproduire un modèle familial similaire.

 

Enfin, je dois avouer que j’apprécie grandement ma liberté !

 

2- Lorsque vous étiez gamine, pensiez –vous un jour enfanter ?

 

Oui, j’ai toujours voulu des enfants malgré mon attirance pour les jeux des garçons. Je me plaisais à imaginer le nombre d’enfants que j’aurais et j’allais même jusqu’à leur donner des noms.

 

3- Vous avez une sœur de deux ans votre cadette. A-t-elle des enfants ?

 

Non, pas pour le moment.

 

4-Est-ce que certains propos tenus dans les médias par les gens ayant des enfants vous ébranlent ?

 

Oui ! Il m’arrive souvent d’entendre les phrases suivantes :

 

«  …Ma vie ne serait rien sans mes enfants… » ou «…  Mes enfants donnent un sens à ma vie… »

 

Est-ce que cela signifie que la vie des gens sans enfants n’a pas de but ? Est-ce à dire que la vie des gens sans enfant n’est rien, sans importance ?

 

Ces affirmations soulèvent donc des questions qui à mon avis vaudraient la peine d’être débattues sur la place publique et surtout au cœur des médias sociaux. Il est temps de reconsidérer le rôle et l’apport des femmes sans enfants à nos sociétés.

 

5-  Pouvez-vous nommer des personnalités sans enfants qui vous inspirent tout particulièrement ?

 

J’ai beaucoup d’admiration pour le couple formé du défunt acteur Patrick Swayze et de la productrice Lisa Niemi.  Je suis touchée de voir que ce couple ,qui  a duré trente-cinq ans, n’ait pas eu d’enfant. Face à cette impossibilité, le duo s’est affairé à créer une relation solide et durable. Les deux partenaires se sont également tournés vers l’adoption et le soin de nombreux animaux.

 

J’ai moi-même constaté les bienfaits de la présence de mon chat dans ma vie quotidienne. Je remarque avec le temps qu’une partie de mon besoin de maternage est comblée par le fait d’avoir à m’occuper de la subsistance de mon animal. Le contact chaleureux avec celui-ci comble aussi un certain besoin de chaleur et d’amour.

 

Je respecte aussi beaucoup les femmes sans enfants ayant réussi leur vie au niveau professionnel. Je pense entre autre à Marie-Denise Pelletier, chanteuse et Dominique Michel, comédienne et humoriste bien connue au Québec.

 

Enfin, je suis inspirée par une de mes collègues de travail âgée dans la cinquantaine. Elle n’a pas d’enfants mais elle semble être une femme épanouie, active et heureuse.

 

6-Enfin, comment vous réalisez-vous en tant  que femme sans enfant ?

 

J’aime beaucoup voyager. Je m’adonne aussi à différents loisirs comme le chant.

Enfin, je pratique également la zumba qui me permet d’avoir une meilleure santé , de me dépasser et par le fait même de bénéficier d’une meilleure estime de moi.

 

Car mon objectif de vie est d’arriver à m’accepter telle que je suis et à trouver l’équilibre et l’harmonie dans ma vie. Et qui sait, peut-être aussi l’amour … !